Betty est engagée dans la pastorale des funérailles à Cergy. Les 1er et 2 novembre elle se tient dans les cimetières.

Une belle habitude sur cette paroisse de Cergy : être en permanence dans les cimetières le jour de la Toussaint et le 2 novembre. Des prêtres, des laïcs, sont là pour accueillir, accompagner les personnes, les familles qui le souhaitent, dans leur démarche près de leur défunt. J’y participe chaque année et découvre toujours plus la beauté de ce signe. Être là, discrètement, pour accueillir les familles qui viennent déposer une fleur, faire une pause, voire une prière près de leur défunt.

C’est tout d’abord dans un cadre magnifique, avec des tombes nettoyées (ou en train de l’être), décorées de fleurs de toutes les couleurs ! Il fait bon y poser les yeux, et même s’y promener. Et c’est ce que j’ai fait ce week-end de la Toussaint, rencontrant des personnes, connues, inconnues, devant une tombe. Discrètement, je m’approche, sans m’imposer, j’essaie d’entrer en dialogue ! Quelques flashs de ces rencontres :

–          C’est un vieux monsieur, assis sur une tombe. Je m’assieds à côté et lui demande : « Vous avez quelqu’un là ? » « Oui, me dit-il, c’est ma femme, et moi j’ai ma place à côté ». Et il me parle de sa famille, de tout ce qu’il avait vécu avec celle qui l’avait quitté, etc. Au bout d’un moment, je lui propose de prier pour sa femme, sa famille. « Ah non, me dit il, ce n’est pas nos habitudes ». Et il continue de me parler. Au bout d’un moment, je me lève pour partir et je lui dis : « Moi, je vais prier pour vous et votre femme » ; et lui : « Oh merci, ça me fait vraiment du bien » !

–          C’est un couple âgé près d’une tombe entièrement recouverte de fleurs, on ne voit rien d’autre. Je m’approche et m’émerveille devant la beauté de toutes ces fleurs. La femme me dit : « C’est pour ma petite fille, elle avait 15 ans ». Et je la vois déposer son téléphone au milieu des fleurs ! Je ne dis rien et j’entends le chant du Je vous salue Marie, plusieurs fois, puis Les anges dans nos campagnes, puis une autre chanson que je ne connaissais pas ! « Oui, c’était les chansons que ma petite-fille aimait bien. Je viens ici pour qu’elle les écoute. » Je les remercie de m’avoir laissé participer à leur prière, et eux de me remercier aussi d’être là.

–          … Je pourrai continuer encore !…

D’autres personnes ont été accueillies par un prêtre, et ils vont sur la tombe pour la bénir ; d’autres encore par des laïcs présents et préparés à ces rencontres… Ce sont des temps d’échanges, de prières.

C’est une belle mission que d’être là, à la rencontre de ceux qui, à ce moment, viennent le cœur lourd, pensant à leur cher disparu. Être là, près d’eux, avec affection, compassion, et si on le peut leur proposer la prière de l’Église.

Pour moi, Auxiliatrice, c’est aussi vivre du charisme de Marie de la Providence, notre fondatrice, qui, depuis son enfance, était attirée par la prière pour les défunts. C’est cette communion entre les vivants et les morts qui habite mon cœur et me rend sensible à la souffrance des autres.