Mgr Etchegaray est décédé le 4 septembre, dans sa 97e année. Christine l’a bien connu à Marseille. Nous lui avons demandé d’évoquer cette belle figure d’Eglise.

Le « Tche » (comme on l’appelait à Marseille) vient de rejoindre la maison du Père. Je l’ai connu comme évêque de Marseille, de 1970 à 1984. Je lui ai souvent rendu visite à Rome, durant ces années où le pape Jean Paul II l’envoyait en bien des lieux en souffrance : Rwanda, Chine, Cuba, Irak…

J’avais été touchée par ses paroles après la rencontre de Saddam Hussein. Il disait : « J’ai beaucoup prié avant de le rencontrer. Je pensais : il a sans doute du sang sur les mains, mais je suis de la même argile humaine »… A Rome, il m’avait dit aussi sa souffrance, en Chine, d’avoir été perçu par les autorités seulement comme « un occidental en visite ».

Son cœur ouvert sur le monde était aussi enraciné localement. « N’oubliez pas les chrétiens de Rome. Bien sûr, Rome c’est le cœur de l’Eglise mais l’Eglise de Rome a aussi besoin de nos prières ».

Je l’ai rencontré à Cambo (Pays Basque) le 30 mars de cette année. Il était bien présent et faisait référence au vieillard Syméon, attendant d’entrer dans la paix du Seigneur.

Il nous laisse le souvenir d’un homme d’Eglise attentif aux grandes questions de notre humanité, souriant, ouvert, avec le sens de l’humour et une grande bonté.