Jean Pierre est le petit cousin d’Eliane, Auxiliatrice séculière. Il connaît les Auxiliatrices de Marseille depuis sa tendre enfance. Il témoigne d’un long compagnonnage avec les sœurs Auxiliatrices.

À Marseille, dans les années 1940 à 1970, on disait les sœurs du boulevard Jeanne d‘Arc, elles faisaient partie du décor familial, paroissial, du quartier. Elles étaient des sœurs présentes, vivantes, priantes avec les familles de la communauté paroissiale et des plus pauvres du quartier.

Pendant longtemps, tous les étés, nous allions un mois, avec toute la famille, garder leur maison du boulevard Jeanne d’Arc, pendant qu’elles allaient se reposer dans leur maison du plan d’Aups, à la Ste Baume. J’étais heureux de m’amuser dans le grand parc avec mes sœurs et de fureter dans tous les recoins.

Camp à Ristolas (Queyras)

Un matin, dans les couloirs de la maison, j’ai cru voir passer un ange aux cheveux blonds. Maman m’a rassuré en me disant que c’était sœur Hélène qui était de passage. Je n’avais pas l’habitude de voir des sœurs déguisées en femme.

Petit, le nom des Auxiliatrices du « purgatoire » me faisait peur, plus grand ça me faisait rire.

Éliane était très près de la communauté des sœurs, elle faisait beaucoup de choses avec elles et animait le patronage et les camps de jeunes filles. J’ai su, plus grand, qu’elle avait fait des vœux pour être séculière des Auxiliatrices.

J’ai souvent parlé avec elle de la vie et de la foi, surtout au moment de rentrer au petit séminaire à 12 ans, et aussi de l’Église et des engagements dans la vie. J’ai partagé souvent avec elle les écrits de Teilhard de Chardin et récemment de Christian de Chergé, dans le livre L’Autre que nous attendons.

J’ai découvert à sa belle mort qu’elle voulait rejoindre son « Amoureux », et dans ses cahiers de vie et de prière qu’elle était « mystique », sur le chemin de Saint-Jean de la Croix et de sainte Thérèse d’Avila.

Grâce à elle, j’ai pu découvrir des femmes présentes, vivantes, priantes dans le diocèse de Marseille. J’y vois une continuité de l’Esprit de Dieu qui plane sur nos humanités. Pour Lui, il n’y a pas d’avant ou d’après, il y a un grand Présent.

Salut fraternel.

Jean-Pierre

Patronage St Pierre