LYON Plateau

Notre histoire à la Duchère…
En 1964, alors que l’appel à aller vers les périphéries s’amorçait déjà avec le concile Vatican II, nous avons quitté le quartier assez résidentiel des Brotteaux pour venir à La Duchère, à l’époque où les premières « barres » commençaient à être habitées.
Depuis lors, les Auxiliatrices sont restées présentes à ce grand quartier populaire, dans différentes formes d’habitat.
Aujourd’hui nous sommes une communauté de sept sœurs, deux vivant en HLM et cinq autres dans un immeuble en copropriété.
Le quartier continue à évoluer sous nos yeux : des immeubles sont détruits alors que d’autres sortent encore de terre. De nouveaux habitants continuent à s’installer… Quelle sera la physionomie de notre quartier dans quelques années ? La mixité sociale, souhaitée par le Grand Projet de Ville, sera-t-elle réussie ? Cet espoir nous dynamise.
Au centre de notre quartier, la place de l’Abbé Pierre

C’est une joie pour nous de vivre, à l’étape de la retraite, au cœur de ce quartier très vivant avec ses habitants issus de diverses nationalités, particulièrement du Maghreb. La communauté chrétienne ne représente qu’une petite minorité mais bien engagée dans les différents lieux où se tisse du lien : centres sociaux, Foyer protestant et associations diverses.

La paroisse a élargi ses frontières pour former un nouvel ensemble paroissial avec Champagne, Dardilly et Ecully. La Duchère se sent un peu la périphérie de cet ensemble plus résidentiel et espère que la rencontre de la diversité sera féconde pour tous.

Nos engagements sont divers (voir la présentation de chaque sœur) et nous nous sentons à une étape de vie où « l’être » est plus important que « le faire ». La prière et la vie fraternelle sont le soubassement de notre mission. En communauté, nous relisons ces engagements, nous partageons le sens qu’ils prennent pour nous et la manière dont nous cherchons à les vivre à la lumière du Christ.

Agnes

Mes engagements sont divers. J’assure avec une équipe une permanence juridique à la Duchère comme bénévole de la Cimade. Nombreux sont ceux que nous accueillons, de pays très divers. J’accompagne aussi des familles déboutées du droit d’asile, nous faisons le lien avec les diverses structures. Il est de plus en plus difficile de trouver des solutions pour les aider durablement.

J’accompagne spirituellement plusieurs personnes et participe au Centre spirituel du Châtelard à des retraites individuelles. J’accompagne également une équipe CVX.

Sur la paroisse, un groupe biblique « Evangile et Vie » me permet de rencontrer des personnes âgées du quartier ; des liens d’amitiés se créent peu à peu.

Je continue d’accompagner nos sœurs en Ehpad à La Roseraie ; je vais les voir deux journées par semaine, ce sont des moments d’échanges sur ce qu’elles vivent, sur l’actualité, les événements de la province et les rencontres diverses auxquelles je participe.

Cécile

Née à Marseille, je me sens à l’aise dans ce quartier de La Duchère très cosmopolite. Je travaille comme bénévole au vestiaire du Foyer protestant du quartier, orienté vers les personnes en grande précarité. Je partage aussi des activités diverses, surtout culturelles, avec les seniors et des personnes souffrant de solitude qui fréquentent ce foyer. J’apprécie beaucoup son ouverture à tous, en particulier aux personnes en difficulté, et son orientation œcuménique et inter-religieuse.

J’accompagne spirituellement quelques personnes et participe chaque année à une retraite ignatienne dans la vie ainsi qu’à l’animation spirituelle d’une communauté religieuse.

Vivre avec des sœurs de ma génération me paraît une chance : nos partages, fraternels et riches nous enrichissent et nous soutiennent en cette étape de la vie où nous sentons davantage nos limites.

Danièle-Marie

Depuis 19 ans à la Duchère, sur le quartier de la Sauvegarde puis du Plateau, je poursuis mon chemin simple et fraternel auprès de personnes âgées, habitée du souci d’être proche des plus isolés de la barre.

Concrètement, j’ai un double engagement : d’une part, dans le cadre de l’association Albatros, j’accompagne des personnes âgées en fin de vie que je visite dans un hôpital de Lyon ; d’autre part je participe à la vie du Sappel, cette communauté chrétienne qui partage la foi et la Parole de Dieu avec les familles du Quart-Monde.

Geneviève

A mon âge, j’accorde plus d’importance à « l’être » plutôt qu’au « faire ». Ce que je reçois actuellement, c’est le temps qui m’est offert pour prier, lire davantage, m’engager dans différentes associations : jardin partagé, groupe de marche, rencontre de personnes âgées avec « Demain ensemble », équipe ACO, et, bien sûr, la vie fraternelle communautaire, qui est importante pour moi.

Je suis très atteinte par toutes les nouvelles que l’on reçoit à la télévision le soir ; j’ai vécu quelques années au Tchad et je sais maintenant que tout ce qu’on nous donne à voir – pauvreté dans l’enseignement et dans la santé, faim à l’état endémique, etc. – existe réellement dans de nombreux pays et c’est pour moi, un appel incessant à me sentir solidaire et à vouloir, envers et contre tout, espérer !

Ghislaine

Depuis 15 ans sur la Duchère, à 83 ans, je vis une retraite sereine au milieu des  habitants des H.L.M. où je loge. Avec eux je partage cette année les vicissitudes dues aux gros travaux de rénovation de notre immeuble de 300 logements : isolation des façades, travaux de plomberie, et construction d’un second ascenseur par montée d’escalier. Ces travaux doivent durer 20 mois… Nous vivons vraiment au milieu d’un gros chantier qui emploie de nombreux étrangers parlant peu français.

Je continue aussi quelques services : animation spirituelle du groupe M.C.R., participation à la commission des aides du Secours Catholique qui me met en lien avec de nombreux étrangers, membre de l’association des locataires, et surtout de nombreuses rencontres spontanées à la maison paroissiale et ailleurs, entre autres taxi-messe, taxi-marché… J’apprécie aussi d’avoir plus de temps pour lire.

Laurence

Par ma permanence d’écrivain public au Foyer protestant, je rencontre des personnes du quartier : ce service concret permet d’aider ceux qui sont souvent démunis face à la paperasserie administrative ou aux démarches par Internet. Je suis aussi en lien avec les habitants de notre copropriété, comme membre du conseil syndical : un bon lieu pour travailler à construire un « vivre ensemble ».

Je consacre aussi du temps à l’accompagnement spirituel : accompagnement de personnes dans la vie courante ou lors de retraites et accompagnement d’une communauté locale CVX.

Tout ceci me laisse quand même du temps libre pour suivre l’un ou l’autre cours à la Catho et pour participer à un cours de gymnastique volontaire, au Centre social du quartier, ce qui permet d’entretenir la forme et de faire encore d’autres rencontres !

Marie-Françoise

Je suis heureuse de mener simplement, avec ma communauté de sœurs aînées, la vie de tout le monde avec ses rencontres, ses contraintes, son quotidien. Je participe aux activités des centres sociaux, soit comme bénéficiaire soit comme bénévole (aide à l’apprentissage du français).

De nouveaux habitants continuent à arriver, et avec quelques-anciens, nous essayons de favoriser les rencontres : les « cafés du dimanche » accueillent tous ceux qui désirent passer un après-midi « en compagnie » ! Réalisation modeste, mais appréciée !

Et si le corps commence à accuser les atteintes de l’âge, pas question de se « rouiller l’esprit » : je suis actuellement un cours sur la Bible et l’art.

Pas question non plus d’oublier nos amies réfugiées : par l’intermédiaire de JRS, Yulya, Astrick, Ivete, ont successivement fait partie de notre quotidien pendant quelques mois ; nous restons disponibles pour accueillir d’autres demandeuses de l’asile en France !