« Allons ailleurs » avec Jésus (commentaire de l’évangile du 7 février)

La messe qui prend son temps rassemble chaque dimanche des étudiants et des jeunes professionnels à l’église saint Ignace. Ce 7 février, en la fête de la Bienheureuse Marie de la Providence, c’est Emmanuelle, Auxiliatrice, qui a commenté l’Evangile du jour.

Commentaire pour introduire à la prière

Quand on contemple Jésus et sa folle activité dans ce passage de l’Evangile de Marc, il semble que l’on entend le rire de la Vie qui se propage de proche en proche comme une cascade, comme une contagion de joie divine… La belle- mère de Pierre se lève et sert, les malade sont guéris, les démons se taisent, la ville entière se presse, et Jésus va encore ailleurs, plus loin, pour que ailleurs encore la Vie, sa Vie se répande et que l’Evangile soit annoncé…

Lui, Jésus il est partout : il est dans la maison, et il est hors de la maison, il est au désert et sur les routes, il est là le jour et il est là aussi la nuit, il est là dans l’action et il est là dans la prière, il est là qui se laisse toucher, et il est là qui échappe aussi à toute prise…En Lui pourtant, toutes ces oppositions : dedans/dehors, action/prière, nuit et jours, toutes ces tensions, semblent s’apaiser…

Alors nous, nous qui sommes des disciples parfois bien agités par nos activités, nos rencontres, nos préoccupations, nous pouvons nous demander : comment fait- il ? Comment fait- il pour rester juste au cœur de toute cette activité ? Comment fait- il pour que le rire de la vie en Lui ne se crispe pas à cause de la fatigue, de la confrontation même à la souffrance d’autrui ? Comment fait- il pour discerner le moment juste où il lui faut répondre à la soif de la foule, des malades qui se pressent et le moment juste pour se refuser à cette soif et aller au désert ou ailleurs ? Comment fait- il pour se donner ainsi, tout à tous, et demeurer pourtant appuyé, ancré sur son Père ? Et nous pouvons rêver aussi d’être comme Jésus : serein de sa sérénité active,, lestés comme lui d’une ancre secrète qui plongerait en son cœur et nous permettrait d’aimer sans fatigue, de nous donner sans tension, sans dispersion. Mais comment faire ?

Ecoutons Jésus : pour façonner ses disciples à son image, Il ne leur donne pas un long enseignement sur la Confiance ou sur la prière : Il ne leur dit rien d’autre que « allons ailleurs ». C’est-à-dire qu’il n’est d’autre manière pour apprendre le chemin que le chemin lui-même, mais derrière Lui. Il n’est pas d’autre manière d’apprendre l’équilibre en Dieu, que de consentir à se laisser déséquilibrer par la route, par la mission, par la prière à sa suite. Pas d’autre manière que de se laisser déséquilibrer mais aussi ramener à l’équilibre par Lui, à chaque pas, sans rêver d’une stabilité définitive qui ne tiendrait au fond qu’à notre propre sagesse. Il n’est pas d’autre chemin pour le disciple, pour chacun de nous, que de marcher, mais marcher derrière Lui, les yeux fixés sur Lui, rivés sur Lui qui va devant …

Fixer les yeux sur lui, pour apprendre à marcher avec lui, pour apprendre sa manière de marcher et de vivre, c’est précisément cela qui nous est proposé maintenant avec ce temps de prière…

Pistes pour la prière

Je demande une grâce, par exemple : la grâce de pouvoir me rendre vraiment présent/e à Jésus qui parle, qui guérit, qui prie, avec tout ce que je suis, pour apprendre de Lui qui Il est vraiment.

1/ Jésus s’approcha et la saisit par la main

Je regarde Jésus, tous ceux qui sont là : les disciples, la famille, et puis cette femme allongée, malade.  J’imagine les gestes des uns et des autres, jusqu’à ce moment où Jésus s’approche, prend la main de cette femme, la relève… Qu’est-ce que j’éprouve en regardant cela : étonnement, admiration, joie, autre chose ? J’accueille ce qui vient ainsi en moi.

2/ Le soir venu, (…) la foule entière se pressait à la porte

La foule entière se presse : c’est une foule avec des malades, des gens atteints de toutes sortes de maladies, de fatigues physiques, psychiques sans doute aussi. Je peux imaginer ces malades du  temps de Jésus : les aveugles, les boiteux, les paralytiques, les possédés. Et je peux amener aussi tous les malades et les fatigués d’aujourd’hui : ceux que je connais, dont je suis proche, moi peut-être… Je les amène à  Jésus, je les lui présente, je prie pour eux, avec eux….

3/ Jésus priait…. « Tout le monde te cherche »… « Allons ailleurs ! »

C’est la nuit, le désert et Jésus prie… Je prends le temps de découvrir Jésus qui prie, avec les disciples qui le découvrent… Puis j’écoute leur dialogue « tout le monde te cherche… Allons ailleurs ! » Qu’est-ce qui pousse ainsi Jésus ailleurs, vers d’autres qui l’attendent ? Et moi, quel est l’ailleurs où je me sens invité/e à aller aujourd’hui ?

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1, 29-39)

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre.
Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »
Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.