Entrer dans l’Avent avec l’évangile du jour

La messe qui prend son temps pour les jeunes a repris ce dimanche soir, 1er dimanche de l’Avent, en 3 lieux différents pour respecter les mesures sanitaires : à l’église saint Ignace, à la Maison Magis et à la chapelle de La Barouillère chez les Auxiliatrices. Bénédicte faisait le commentaire de l’évangile du jour.

Commentaire pour introduire à la prière

Aujourd’hui, nous sommes le premier jour de l’année liturgique, premier dimanche de l’Avent. Le passage de l’évangile de Marc qui nous est proposé se situe à la fin d’un chapitre dédié à l’annonce des derniers temps, à l’attente du Messie. Quoi de plus étonnant que de parler des derniers temps au moment où on se prépare à la venue au monde d’un enfant à Noël ? Avec ces textes, la liturgie nous propose d’inclure dans une même attente, l’attente de l’incarnation de Jésus et son retour à la fin des temps. Contempler le Christ qui est, à la fois déjà venu, déjà là, et pas encore, celui dont nous attendons le retour.

Comme dans la parabole des talents, entendue il y a 2 semaines, Jésus nous parle d’un homme : il est « parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. » Cet homme fait une confiance complète à ses serviteurs, il leur donne tout pouvoir, il leur laisse une grande liberté. Il s’absente et les laisse seuls mais bonne nouvelle, il reviendra. La seule chose que nous savons sur son retour, c’est qu’il vient « à l’improviste », « vous ne savez pas quand ce sera le moment », « le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ». Il les prépare à son absence et à son retour en leur donnant une seule consigne, très large, qui peut nous sembler vague. Il leur demande de veiller, de se tenir prêt pour son retour.

« Veillez ». Déployons un peu les sens que peut prendre cet appel pour nous aujourd’hui.

Veiller, c’est « comme le veilleur qui attend l’aurore », rester éveillé, ne pas s’endormir, guetter, regarder, attendre la lumière qui va jaillir des ténèbres, la vie qui va surgir. C’est garder le cœur en attente de la rencontre, désireux d’accueillir celui qui va venir, être attentif(ve) aux signes de sa présence…

Veiller, c’est veiller sur un enfant, veiller sur un malade, veiller sur une personne que l’on aime, comme un berger veille sur ses brebis, c’est une manière de prendre soin : être là, présence fraternelle, aimante, présence d’humanité.  C’est rejoindre nos frères et sœurs en humanité, ceux et celles dont nous parlait la parabole du jugement dernier : les malades, les prisonniers, les étrangers, ceux qui ont faim, soif…

Veiller, c’est prendre soin des biens confiés par le Seigneur : le maitre a donné tout pouvoir, fixé à chacun son travail, comme le Créateur qui confie à l’homme sa création pour la cultiver et la garder, la faire fructifier, nous invitant à être co créateurs avec Lui.

Veiller, cela peut aussi être une attitude spirituelle. Evagre le Pontique, un moine du désert au IVème siècle l’a exprimé dans une formule savoureuse :

« Sois le portier de ton cœur et ne laisse aucune pensée entrer sans l’interroger ; interroge-les une à une, dis à chacune : « Es-tu de notre parti ou du parti des adversaires ? » (Jos. 5, 13). Et si elle est de la maison, elle te comblera de paix ; si elle est de l’adversaire, elle t’agitera de colère ou te troublera. »

« Sois le portier de ton cœur » : Cette pensée qui m’habite, vers où m’entraine-t-elle ? Autrement dit, provoque-t-elle en moi un mouvement profond d’ouverture à Dieu et aux autres, de décentrement de moi-même, un désir d’aimer, de me faire proche de l’autre, ou bien me conduit-elle à me fermer, à me centrer sur moi-même, à m’isoler, à m’enlever des forces pour aimer…? Dans ces temps difficiles, nous sommes plus que jamais invité(e)s à la vigilance pour nous laisser mener par l’Esprit.

Avec Marie, nous pouvons aussi veiller comme une mère attend son enfant. Comme une femme enceinte veille sur la vie en elle, elle est en attente de la vie qui va jaillir, une vie fragile, discrète, parfois invisible. Et cette attente est pleine d’une promesse et d’une espérance. Elle se réjouit et se prépare. Oui, le Seigneur vient parmi nous, et c’est une Bonne Nouvelle, il ose nous rejoindre au cœur même de notre humanité en travail d’enfantement. Alors veillons, tenons bon dans l’espérance que la vie est plus forte que la mort. Le Seigneur vient, il est déjà à l’œuvre et nous accompagne.

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 13, 33-37)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment.
C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller.
Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.
Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Pistes pour la prière

Je me mets en présence du Seigneur. Il est là, il m’attend, me voici Seigneur.

Je demande une grâce : Seigneur, donne-moi d’entendre comment tu m’invites à veiller aujourd’hui ?

1 – « C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. »
Regarder cet homme, comment il laisse ses biens à ses serviteurs, comment il leur fait confiance, leur donne une grande liberté et « tout pouvoir » pour en prendre soin. Regarder les serviteurs qui reçoivent ces dons.

2 – « Prenez garde et restez éveillés », « Veillez »
Entendre cet appel, le laisser résonner en moi. Comment cela fait-il écho dans ma vie, dans mon quotidien ? Sur quoi ou sur qui est-ce que je me sens invité(e) à veiller ?

3 – « Vous ne savez pas quand vient le maître de la maison »
Le Seigneur vient. Comme Marie dans l’attente de Jésus, je me laisse habiter par la promesse de vie, je regarde les signes de la présence du Seigneur qui sont déjà là dans mon quotidien, même fragiles ou ténus. Je me prépare le cœur.

A la fin de ce temps de prière, je confie au Seigneur ce qui habite mon cœur. Je lui parle comme un ami parle à son ami.

La MT ou Messe qui prend son temps c’est chaque dimanche à Paris à l’église St Ignace, à Bordeaux à Notre-Dame des Anges, à Lyon à la chapelle des jésuites, une fois par mois à Toulouse à la chapelle Ste Anne, ou encore à Nancy à l’église St Sébastien