Crise des abus sexuels, de pouvoir, de conscience : en quoi, nous, Auxiliatrices et leurs Ami/e/s, sommes-nous concerné/e/s ? Comment recevoir la lettre que le Pape François a adressée au peuple de Dieu à propos de cette crise (20 août 2018) ? Près de 70 Auxiliatrices et quelques Ami/e/s se sont retrouvés pour 2 jours de formation, les 23 et 24 février.

Sr Véronique Margron, religieuse, présidente de la CORREF et théologienne, est intervenue pour nous éclairer sur cette crise que vit l’Église et la mécanique du silence et du secret qui s’est installée. Elle a ouvert quelques pistes pour transformer cette crise en mutation (voir des notes de son intervention en cliquant ici).

Table ronde

Au cours de ces 2 jours, la parole a circulé entre nous :

  • Nous avons pris le temps de nous dire comment la crise que traverse actuellement l’Église nous atteint, comme membres de l’Église, comme Auxiliatrices.
  • Melanie nous a présenté ce qui se passe en Allemagne, à travers le chemin qu’elle a fait depuis quelques mois en se laissant toucher, en travaillant la question, en prenant connaissance des mesures prises dans son pays.
  • Dans une table ronde, Marie-Anne, Hélène et Geneviève, de 3 générations différentes et dans des contextes divers, nous ont partagé comment elles accueillaient la lettre que le Pape a écrite au Peuple de Dieu, c’est-à-dire à nous.
  • Et chacune s’est interrogée : quel chemin j’ai fait ? A quoi je me sens appelée ?

En guise de conclusion, Emmanuelle nous disait qu’une crise provoque toujours une forme de confusion, de mutisme, de sidération, une forme de déni, de la violence, la tentation d’attaquer en retour… Dans cette situation, un pas à faire est de se parler, de parler à d’autres, pour faire face à la tentation du silence, et de faire un effort d’intelligence : c’était l’objet de ces deux jours de formation.

Quelques participantes nous partagent ce qu’elles ont vécu à travers ces deux jours :

Durant ce week-end, j’ai vraiment été sensibilisée au fait qu’avoir été abusé(e) est une blessure qui ne se répare pas. Face à cette ignominie, il nous faut instaurer des contre-pouvoirs, oser une parole qui lutte contre la confusion et fait surgir la clarté, qui rétablit la personne dans sa dignité, lui apporte apaisement et lui redonne confiance. 

Ce week-end me mobilise pour à la fois me sentir solidaire de cette Eglise en crise et défigurée par les comportements de certains de ses membres, et pour aider à promouvoir une culture du « jamais plus » comme le demande le Pape François.

Les témoignages entendus ont révélé le danger de sacraliser des personnes, de les considérer, hommes ou femmes, comme « fortes, providentielles », le danger du « mauvais silence »…

Concrètement, dans un premier temps, je vais répondre à l’appel au jeûne et à la prière… Entrer dans cette démarche n’est pas un acte de piété ou de dévotion personnelle, individuelle ; c’est un acte ecclésial, réponse à la demande explicite du Pape François, à moi adressée. 

Nous pouvons croire que, si la barque-Église doit aujourd’hui encore affronter la tempête, ce n’est pas sans Celui qui peut, à partir de là, nous conduire vers une profonde transformation ecclésiale, salutaire… À condition que nous avancions tous vers une conversion, face aux volontés diverses de domination comme aussi au silence facile, à la fuite quand il faudrait dire « non » à des comportements inacceptables… 

 

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