C’est seulement à 42 ans que j’ai pensé à devenir religieuse. Jusque là, ma foi avait connu des alternances : un engagement fort en aumônerie comme adolescente, suivi d’une période de grand doute comme jeune infirmière sur ce Dieu amour qui laissait mourir de jeunes mères de famille, puis un retour à la foi chrétienne à 30 ans, reconnaissant que pour moi Jésus-Christ est le Chemin et la Vie.

J’ai alors cherché à vivre ma foi en me rendant utile aux autres tout en vivant bien comme célibataire : missions humanitaires et tourisme, sans engagement durable, heureuse dans mon métier d’infirmière… Mais je sentais un vide au fond de moi. A 40 ans j’ai éprouvé le besoin de donner une direction plus stable à ma vie, un sens définitif par un oui qui engage tout mon être, mais j’étais encore troublée par le mystère du Mal : pourquoi ceux qui profitent des autres prospèrent alors que ceux qui poursuivent la paix et la justice sont tués ?

Pour que Dieu réponde lui-même à cette question, j’ai choisi de faire une retraite spirituelle pendant la Semaine Sainte. J’y ai reconnu la vie du Christ comme une réponse à ce Mystère : Jésus n’avait pas supprimé la souffrance et la mort mais était venu les vivre avec nous et aujourd’hui il me demandait d’être avec lui auprès de ceux qui souffrent. J’ai dit oui, ce qui m’a depuis apporté joie et paix.

En même temps je lui demandais de m’éclairer sur la manière de vivre à sa suite : dans le mariage, le célibat consacré ou la vie religieuse. Pour m’aider à discerner le chemin, je me suis fait accompagner, j’ai pris des cours de théologie et suis allée à la messe en semaine. Deux ans après, je commençais mon parcours dans l’Institut des Auxiliatrices où je fais l’expérience que c’est l’amour de Jésus-Christ qui nous réunit. Notre vie communautaire, le partage sur nos missions, l’envoi par l’Institut, m’apportent la vie et m’aident à la voir à l’œuvre en ceux avec qui je suis et vers qui je suis envoyée.