L’absolu au coeur de l’histoire
La notion de compromis chez Ernst Troeltsch
Cogitatio fidei, Les éditions du Cerf, 1998, 396 pages

Au moment où nous sommes menacés soit par l’intolérance la plus sourcilleuses, soit par le relativisme le plus généralisé, il est essentiel de s’interroger sur ce qui peut être encore dit, reconnu et professé à propos d’un absolu, l’Absolu ! Sommes-nous maintenant livrés à un arbitraire insurmontable, à la pure contingence, ou bien pouvons-nous encore nous référer à un registre de réflexion et à un ordre de réalité susceptibles de dépasser le particulier et le relatif ?

La question conscerne à la fois les domaines pratique et théorique : le domaine pratique, parce qu’elle commande par définition l’éthique ; le domaine théorique, parce qu’elle contraint à s’interroger sur Dieu et sur son rapport à ce qui n’est pas lui, et réciproquement. Quel que soit l’aspect envisagé, le christianisme est concerné, puisqu’il professe précisément que par, avec et en Jésus-Christ, l’Absolu relève le défi de l’histoire, et peut être à la fois reconnu et rencontré dans l’histoire. Comment cela se peut-il, puisque l’histoire est par définition le lieu du relatif ?

C’est dans ce champ d’interrogation que se place la thèse de Geneviève quand elle étudie le concept de compromis chez Ernst Troeltsch. L’objectif est de comprendre la pertinence de ce concept quand il requiert son statut éthique. Le faire à partir de Troeltsch permet d’étudier le compromis dans sa période d’émergence au sein de la théologie protestante. Utilisé par Troeltsch pour penser la relation positive du christianisme au monde et à la culture, le compromis se situe d’emblée au coeur du problème posé par la rencontre de la théologie et de la modernité.

Geneviève Médevielle