Marine a participé cet été à l’écopélé sur les Chemins de St Jacques, de Rocamadour à Tournon d’Agenais. Deux Auxiliatrices, Emmanuelle et Marie-Anne, animaient ce pélé avec une équipe. Marine nous partage son expérience.

Mardi 11 août 2020. 35 degrés. Notre petit groupe peine dans la chaleur et la fatigue. Plus que quelques kilomètres avant de rejoindre le repos tant attendu. Les muscles se tendent, les gouttes de sueur perlent, les ampoules brûlent… « Oh happy day ! oh happy da-ay ! » Malgré tout ce qui nous pousse à grogner, râler, abandonner, nous nous mettons à chanter en chœur, sourire aux lèvres. Oui, quel jour heureux ! La joie d’être ensemble l’emporte définitivement sur tous les tracas du chemin.

Nous avons débuté notre pèlerinage il y a deux jours, à Rocamadour. Dans ce lieu marquant du chemin de Compostelle, nous nous sommes retrouvés : 36 participants entre 30 et 40 ans, venant de toute la France. Tous animés par la soif de vivre une expérience fraternelle et ressourçante, portés par le souffle de l’Esprit, sur le thème « Confiance et lâcher-prise ».

Constitués en petits groupes respectueux de la vitesse de marche de chacun, nous nous sommes mis en route. Chacun avec l’essentiel sur le dos : pour le chaud, pour le froid, pour la faim et la soif. Avec un peu de confort aussi, mais un minimum car le confort pèse lourd !

Mais surtout, nous nous sommes mis en route avec un cœur ouvert. Ouverture d’abord à l’inconnu du chemin qui se déroule devant nous : plaines et sous-bois, chemins pierreux ou pentes escarpées, champs fertiles ou routes de crêtes… Nous avons contemplé. Ouverture ensuite à l’autre, qui chemine à mes côtés. Découvertes nées de la rencontre, discussions approfondies par les heures et les jours de marche côte à côte… Nous avons accueilli. Ouverture enfin à l’Esprit qui, sans cesse, fait son travail en nous. Délestage de poids qui nous encombraient, d’obstacles qui nous freinaient. Une Parole qui marque et qui fait son chemin, elle aussi, en nous… Nous avons goûté à la Vie.

Au bout d’une semaine de marche vers notre destination, vers les autres et vers nous-mêmes, nous arrivons à Cahors. Fatigués, parfois éclopés, mais heureux et pleinement vivants. Il est difficile à lâcher, le sac qui portait notre essentiel chaque jour. Ils sont durs à quitter, nos compagnons de route qui, d’une chanson, d’un sourire ou d’un pansement salvateur, savaient nous mettre du baume au cœur. Il est fort, ce moment traversé ensemble.

Le retour dans nos « Galilées » respectives se fera progressivement, habités pour longtemps encore de ce goût de simplicité, de légèreté et de profondeur que l’on vit à l’Écopélé.