Lorsqu’on a averti ma grand-mère qu’il serait bien que mon père fasse «  les Beaux Arts », c’était bien en dehors des possibilités de celle-ci, veuve des suites de la guerre de 14-18, avec trois garçons à élever. Gaston serait boulanger….

Mais mon père, surtout au cours de sa retraite, a réussi de si belles sculptures dans du bois d’arbres fruitiers (ce qui sous-entend d’en dessiner les esquisses), que j’ai voulu savoir s’il m’avait transmis quelque chose de ce don.

Alors, en EHPAD, à 78 ans 5 mois et quelques jours…., je suis allée à « l’atelier peinture » un dimanche, et très vite on m’a dit que j’étais douée, que j’avais un «  bon coup de patte », à mon grand étonnement.

Étonnement grandissant au fur et à mesure de mes progrès, presque à chaque peinture, au dire de plusieurs peintres de la Maison.

Il y a paraît-il beaucoup de vie , de lumière, dans mes peintures. On «  reconnait » maintenant qu’elles sont de moi. Je découvre «  l’inspiration » ! La créativité ! Parfois, cela survient. Je rends grâce à Dieu de cette découverte.

C’est un moyen d’expression qui fait suite à des expressions par le violon, ce à quoi ma maladie m’a fait renoncer.

Je peins rapidement, plutôt en fin de journée, en fin de semaine.

Maintenant je suggère facilement à l’un à l’autre : vous avez certainement un don à découvrir ! Il faudrait essayer. C’est l’occasion de bien des échanges avec d’autres sœurs, des résidents…

Ouverture aux autres, à l’Autre qu’est Dieu, source de tout don, source de Lumière et de Vie… J’aime à diffuser de la beauté, de la lumière, de la vie en notre monde en difficulté. C’est bien dans la ligne de ma vocation d’Auxiliatrice évoquée dans une peinture en spirale, partant du noir de la détresse, aux teintes de plus en plus lumineuses : «  Aller des profondeurs… des détresses, des limites, des souffrances aux extrémités de la Vie. Il n’y pas de frontières à l’Amour. Aimer jusqu’au bout. »

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