Qu’est ce qui fait que je me suis engagée dans la vie religieuse auxiliatrice à l’âge de 25 ans ? Je crois que la réponse vient de mon enfance : vers 7-8 ans, j’ai pris conscience que mes parents me faisaient des cadeaux et j’ai eu le désir de leur en faire à mon tour. Ce qui me donne de m’engager dans la vie vient de ce désir de répondre à l’amour, à l’amitié qui m’est manifestée.

M’engager dans la vie religieuse est du même ordre : c’est ma réponse à l’amour du Christ. C’est parce qu’il aime les plus pauvres, les plus oubliés et ceux que j’aime mal ou difficilement que je peux croire qu’il m’aime aussi vraiment, avec cette part difficilement aimable en moi. Assez rapidement, j’ai compris avec étonnement que ma soif d’absolu et le désir d’apprendre à écouter en moi son Esprit demandait de m’engager dans une consécration totale plutôt que dans le mariage.

Vivre en communauté donne un cadre qui met le Christ au centre. J’aime notre diversité, tant culturelle que professionnelle, qui pousse à voir large. Cela m’aide à m’ouvrir à Dieu qui reste toujours cet Autre que nous attendons. Nous nous entraidons à voir la présence du Christ et de son Esprit dans les personnes et les situations que nous rencontrons et à les aimer. C’est cela pour moi « aller des profondeurs du purgatoire jusqu’aux extrémités de la terre » : c’est vouloir « sortir » comme Jésus n’a cessé de le faire pour aller rejoindre ceux qui l’espèrent, et apprendre à déchiffrer les différents langages qui disent cette espérance.

Cet appel à « rejoindre tous ceux qui passent par des situations d’épreuve et de croissance » est porté par un esprit de liberté et de confiance qui rend chaque Auxiliatrice responsable de la mission confiée. Cela est pour moi essentiel. Bref, si j’ai choisi d’être Auxiliatrice, c’est pour devenir une femme capable d’aimer en vérité, pas pour faire « bonne-sœur » !