Université d’été avec la Communauté Vie Chrétienne qui a invité largement, à Chatillon (92), Marseille, Biviers (38), Strasbourg ou Montpellier, du 9 au 11 novembre.

Anne-Laurence était à Chatillon et elle nous raconte :

Nous étions 150. Temps fort de partage et d’échanges entre migrants et membres d’associations œuvrant avec eux.

J’ai été bouleversée par les parcours de Sajad, Afghan, et de Christine, du Burkina, par ce qu’ils ont traversé comme épreuves et violences et par leur capacité de résilience, la puissance de VIE qui se dégage de leur récit.

La veillée avec Diane et un conteur sénégalais nous a fait goûter « les mots venus d’ailleurs », à travers poésie, chant et beauté gestuelle.

Les ateliers nous ont fait découvrir tous les réseaux de solidarité mis en place pour l’accueil de migrants dans les familles, l’aide juridique, l’apprentissage du français, le partage d’activités.

J’ai été touchée par la joie d’Isaure, 12 ans, nous racontant l’accueil par sa famille de Julia et Arsène avec JRS Welcome.

Les échanges entre participants des communautés de partage faisaient ressortir les découvertes, les interrogations, le désir d’avancer, de risquer l’aventure de l’accueil, de s’engager dans la lutte pour le droit à la dignité des migrants.

Je garde la force de la prière du 11 novembre matin, avant l’intervention de Christian Mellon sur le message du Pape François pour la journée du Migrant et du Réfugié. Nous méditions sur la manière de rencontrer les autres, avec dans une main une sphère et dans l’autre un polyèdre. La sphère est ronde, bien lisse et tient bien dans la main, est très agréable au contact. Il n’y a pas d’aspérité, cela roule et va vite. Le polyèdre, lui, est plus difficile à tenir dans la main, on sent les arêtes des faces, c’est irrégulier, cela ne roule pas, cela avance par à coup, on ne sait pas très bien où, à droite, à gauche, parfois un peu en arrière, mais ça avance et on peut s’arrêter sur une face, c’est solide, chaque face est singulière, mais reliée aux autres par le centre.

Nous pouvons décider de choisir le polyèdre plutôt que la sphère comme modèle de relation aux autres : non pas chercher l’illusion du semblable mais la richesse de l’interculturel, chacun apportant sa couleur propre, son nom.

Après ces trois jours denses d’échanges, de partage d’expériences, de compétences et de créativité, une conviction nous habite : UNE VRAIE RENCONTRE ENTRE NOUS ET LES MIGRANTS EST POSSIBLE !

VIVONS-LA ! IL Y A URGENCE !