La pluralité des appartenances religieuses et des croyances est une réalité de notre société contemporaine. Vivre la rencontre et le dialogue avec des croyants d’autres religions comporte de nombreux enjeux. Au cours d’un week-end de formation, une soixantaine d’Auxiliatrices et amis de France-Belgique ont réfléchi à ces enjeux auxquelles elles sont elles aussi confrontées.

« Nous croyons en un Dieu qui est en lui-même dialogue, échange et communion, un Dieu Trinité (…) Et nous croyons que ce Dieu Trinité a décidé d’introduire les hommes dans son dialogue, dans sa relation intime en envoyant son fils dans le monde (…) Aussi notre vocation chrétienne est-elle une vocation à la communion, avec Dieu et dans le même mouvement avec tous les hommes » (Françoise)

Au début de ce week-end, une vingtaine de sœurs ont participé à l’office de Shabbat à la synagogue. Assister à une célébration inconnue aiguise la curiosité et peut faire éprouver de l’étrangeté. C’est donc autour d’un repas que toutes les questions ont pu être posées ensuite : joie d’un échange vivant et fraternel, qui témoigne de la foi.

De témoignages, il a été beaucoup question durant ce week-end ! Et particulièrement dans les ateliers qui ont été proposés : rencontre avec des membres de l’association Vie Chrétienne et judaïsme, rencontre avec un couple islamo-chrétien, témoignage sur l’expérience de la rencontre entre bouddhistes et chrétiens dans une ville de banlieue, témoignage de l’expérience d’une pédagogie du dialogue inter-religieux en établissement scolaire.

Se mettre à l’écoute de personnes qui vivent des expériences inter-religieuses pour se laisser toucher et enseigner. Quelques échos ci-dessous disent la richesse de ces rencontres :

« Quelques membres de l’association « Vie chrétienne et Judaïsme » nous ont partagé comment leur étude sur les racines juives de la foi chrétienne leur avaient permis une meilleure connaissance, intériorisation de leur propre foi. Des messes de l’Association sont régulièrement célébrées à La Barouillère et sont ouvertes à toutes les personnes intéressées » (Christine)

Dans le dialogue avec le couple islamo-chrétien :

« Ce qui m’a frappé, c’est combien leur cheminement les fait progresser tous les deux. Olivier, quand Yasmina lui demande de parler du Christ, de la Trinité, est obligé de se formuler à lui-même en quoi ça le concerne, et Yasmina, dans son dialogue avec son mari, voit fondre les préjugés qui l’ont nourrie sur les chrétiens, et approfondit sa foi musulmane. (…) Leur témoignage d’amour et de confiance mutuelle se renforce dans la fréquentation d’un groupe de foyers islamo-chrétiens, où les participants, aidés par un prêtre, se soutiennent, se questionnent, créent des liens d’amitié solides » (une participante)

Sur les rencontres avec les bouddhistes et les autres religions à Bussy Saint-Georges :

« Une vive expérience dont les conditions du dialogue ont été voulues par la municipalité pour des raisons qui lui sont propres. Mais les communautés présentes ont su réapproprier pour elles-mêmes ce dialogue ! Elles peuvent ainsi oser parler d’une même voix pour dire leur attachement et leur combat pour la paix. Un dialogue de vie, dans l’engagement pour la paix, dialogue au niveau de l’espace social. Un dialogue de foi qui reste à construire… une belle invitation au respect d’abord ! » (Corinne)

Retour sur une initiative intéressante dans un établissement catholique de Paris où des élèves de diverses confessions ont été invités à tour de rôle à présenter une thématique sociale ou éthique :

« Il se trouvait souvent que les jeunes de confession juive ou musulmane, minoritaires dans notre société française, avaient parfois plus d’aisance pour s’exprimer que les jeunes chrétiens. Ceux-ci n’avaient pas été confrontés ou stimulés pour dire la spécificité d’une approche chrétienne. C’était une belle occasion pour eux de se mettre au travail pour tenter d’exprimer une réponse sans esprit de prosélytisme » (Marie-France)

Pour lire les témoignages complets des sœurs, cliquer ICI.

Se mettre à l’écoute de l’autre, se laisser déplacer sont les premières conditions d’un vrai dialogue. Un dialogue qui peut enrichir et contribuer à approfondir sa propre foi !

Après ces expériences, les sœurs ont écouté une intervention de Sylvie, une Auxiliatrice qui travaille beaucoup la question du dialogue inter-religieux. Cette intervention a livré des repères essentiels et a apporté une réponse à beaucoup de questions : qu’est-ce que le dialogue ? Quelles sont les attitudes du dialogue ? Quelles en sont les exigences de fond ? Entre les ressemblances et les différences de nos religions, comment se situer ?

Si le dialogue est vécu avec des intentions franches, en acceptant ce que l’on est et en ayant le courage de l’altérité, les fruits sont beaux et nombreux : changement de regard sur l’autre, approfondissement de sa propre foi, expérience d’une communion dans la différence, regard renouvelé et plus respectueux sur Dieu…

Tout un programme à vivre pour chacune à sa mesure, là où elle est envoyée. Un chemin de conversion, un chemin pascal, fait de combats pour se laisser ajuster à sa vocation chrétienne. Car l’Église à vocation de manifester l’alliance entre Dieu et toute l’humanité.