Rémi

J’ai vécu une très belle expérience pendant cette retraite « au travail » de la semaine sainte. Les débuts étaient un peu déroutants, tant le contraste m’a paru fort entre l’effervescence habituelle du bureau, ou l’agitation des transports, et le calme de la Barouillère et des moments de prière. Les temps d’oraison m’ont cependant aidé à trouver une unité, par la prière et le silence. Chaque jour, plus particulièrement chaque matin, j’y ai trouvé un sentiment d’apaisement et de disponibilité pour la journée à venir, avec ses rencontres, découvertes, petites joies et contrariétés. Ce lien entre la prière et la vie quotidienne que j’ai (re)découvert pendant la retraite m’inspire encore aujourd’hui, dans ce que je peux confier à Dieu. J’ai aussi ressenti beaucoup de joie chaque soir en rentrant à la Barouillère, grâce au cadre de vie communautaire : repas ensemble, échanges en groupe, brèves discussions… le fait de se sentir en chemin à plusieurs est toujours porteur !

Pendant la semaine, j’ai apprécié de pouvoir être disponible au Christ dans un format différent de celui de mon quotidien. Mes temps de prière sont souvent des moments minutés où je viens trouver le Seigneur, sans beaucoup d’instants où je lui laisse à l’inverse la possibilité de venir me trouver. Se mettre à l’écoute, apprendre à vivre le silence, se tenir simplement en présence du Christ, ont été des moments précieux pour moi. Surtout, la retraite a été l’occasion de découvrir de l’intérieur le mystère de Pâques, et de réfléchir à la signification du Triduum pascal pour notre foi. Cela a été une vraie chance de pouvoir méditer sur ces questions.

Les sœurs Auxiliatrices, par leur témoignage de vie, m’ont conforté dans l’idée que notre relation au Christ se joue dans la prière mais aussi dans nos occupations quotidiennes, notre présence aux autres. J’ai perçu que notre foi avait quelque chose d’inséparable du don de soi, en écoutant leurs récits. Leurs engagements, dans le milieu de l’enseignement pour sœur Céline, ou médical pour sœur Corinne, m’ont beaucoup touché, par la simplicité et la place du service.

Un grand merci donc aux sœurs pour leur accueil à la Barouillère, leur accompagnement et disponibilité !

 

Claire

« Avant d’arriver, j’étais très agitée. Ma vie affective était en ébullition heureuse,

ma vie professionnelle d’artiste était très fatiguante. Mais j’avais prévu ce petit temps à la source, chez les auxiliatrices, pour revenir à l’essentiel, pour vivre ce temps avec d’autres aussi.

Quelle paix profonde! Contrairement à une retraite en silence qui permet de mettre tout à distance, là, j’étais plongée dans ma vie et tous ses événements, tout en ayant la possibilité de les contempler et faire silence le matin et le soir. quelques enseignements nous guidaient et nous partagions aussi des temps très conviviaux et riants.

J’ai été marquée par la spiritualité et le mode de vie des auxiliatrices que je n’avais jamais approchés de si près. Me restent comme des impressions très durables et bienfaisantes : le chemin de croix dans la ville, les fous rires à table, et le samedi saint, ce samedi du grand silence où nous sommes invités à rejoindre tous ceux qui sont dans les «purgatoires» du monde. Cette résurrection discrète et humble m’a semblée une des expériences humaines et spirituelles les plus signifiantes de ma vie chrétienne. Toute simple.

J’ai retrouvé toute ma vie pareille, l’amour, le travail, les ennuis et les joies, mais quelque chose a été touché profondément en moi, avec beaucoup de délicatesse. J’étais encore un peu plus heureuse de vivre.»