Touchée au cœur

Allongée sur un brancard en attendant d’entrer au bloc pour une opération à cœur ouvert, Myriam est fortement consolée.
Déposée là par les brancardiers, j’attendais dans le couloir pour entrer au bloc. Déjà les différents soignants concernés par mon opération s’affairaient en attendant le chirurgien.
Pour « m’occuper » et me préparer, je me propose de prier et je me remets en mémoire le texte d’évangile du jour : la guérison de la belle-mère de Pierre, dans l’Évangile de Marc (chap 1, versets 29 à 39) :

« La belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit se lever. »

J’aime beaucoup ce texte. Souvent je suis avec ceux qui parlent à Jésus de tel ou tel malade ; ou bien je suis avec lui, comme soignante, pour aider à réconforter, à remettre debout des malades…
Mais cette fois j’étais moi-même la malade, allongée sur mon brancard. Et il y avait devant moi, avec moi, toutes celles et tous ceux qui ont parlé de moi à Jésus, lui ont parlé de mon opération, ont prié pour moi, ont pensé à moi en ces jours, m’ont envoyé un mot d’encouragement… Cette « foule » m’a impressionnée, et m’a touchée. J’étais seule dans ce coin de couloir, mais portée par tant d’autres.
Et le texte continue : Jésus s’approche, la saisit par la main, l’aide à se lever. Oui, Jésus était là avec moi, si proche. Il était aussi là à travers tous ceux qui allaient prendre soin de moi ce matin-là (et les jours suivants) pour m’endormir, m’opérer, me réveiller, me veiller, me surveiller, me laver, me faire marcher…
J’en avais les larmes aux yeux… Belle consolation pour entrer paisible et confiante au bloc, abandonnée entre les mains du chirurgien et de son équipe.
De retour à la maison, j’ai voulu garder trace de cette consolation à travers un dessin… Jésus est là, assis sur le brancard, et me saisit la main : « Confiance. Je suis là avec toi. »