Traverser la crise

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Il y a quelques mois, lorsque nous avons choisi notre thème pour un week-end de formation, nous ne nous doutions pas alors que le rivage de notre traversée ne serait pas encore en vue en ce printemps 2021 ! Comment vivons-nous cette traversée ? Quels sont nos points d’appuis, quelle est notre nourriture pour avancer en cette situation inédite pour nous-mêmes et nos contemporains ?

Nous étions plus d’une cinquantaine d’Auxiliatrices à nous retrouver sur Zoom les 1er et 2 mai, avec la joie de revoir des visages de sœurs à qui cette formule distancielle a permis de participer (sœurs en Ehpad à Lyon ou Versailles).

Pour alimenter notre réflexion et « traverser la crise de la Covid », il était bon d’accueillir des expériences différentes des nôtres pour pouvoir réfléchir sur ce que nous vivons et ce que nous espérons. C’est ainsi que nous avons pu « rencontrer » Xavier, chef d’entreprise agricole à vocation humaine et sociale (Les fermes de Gally) et bénéficier d’une vidéo et d’un texte de la rabbin Delphine Horvilleur.

Xavier nous a rejointes par Zoom pour tenter de répondre à ces questions : « Du lieu où tu es, comment lis-tu la situation actuelle ? Comment trouves-tu des chemins pour avancer et au nom de quoi ? »

Xavier est agriculteur et entrepreneur. Il travaille avec le vivant : le végétal, l’animal, les cycles de la nature, l’agriculture, l’horticulture, les pépinières, le paysagisme… Son expérience de développement économique depuis 30 ans s’est centrée autour des métiers de service qui apportent de l’utile, du sain et une forme transmission de savoir autour de la nature.

La crise l’a touché comme dirigeant par les conséquences économiques sur ses entreprises et ses collaborateurs : certains métiers ont été à l’arrêt à 100%, d’autres à 80% et d’autres secteurs ont été appelés à accélérer pour obtenir des résultats inattendus avec des croissances inespérées.

Alors vient la question : rebâtir, quand ? où ? quel nouveau risque dans le monde d’après ?

Lire la suite de l’intervention…

Delphine Horvilleur est une femme rabbin française. Quelques heures après le début du premier confinement, le 17 mars 2020, elle a pris la parole dans le cadre des Ateliers Tenou’a. Elle y interrogeait les notions de crise, d’enfermement, de protection et… d’avenir.

Pour nous faire réfléchir – et espérer – elle est revenue sur les racines des mots « crise », « santé » et « maladie » en hébreu.

  • La « crise », en hébreu Mashber, désigne aujourd’hui la salle de travail, la salle de naissance. Cela nous parle de la possibilité d’un monde nouveau…
  • La « santé », Bri’out en hébreu, mot construit à partir d’une racine à trois lettres : beth, resh, alef, nous renvoie au fait de créer, à la capacité créative, à la possibilité d’être dans un élan créateur qui fait surgir du neuf.
  • La « maladie », Ma’hala en hébreu, indique la circularité, ce qui nous fait tourner en rond, nous enferme dans une circularité close.

Qu’est-ce qui va donc nous permettre de sortir de cet enfermement, d’être créatifs et de faire surgir un monde nouveau ?

Nous vous invitons à écouter l’intervention de Delphine : https://www.facebook.com/tenoua/videos/1134421946895291/

Marie-Françoise

Notre week-end du 1er mai fut pour moi très riche et stimulant : d’abord par la joie de revoir mes sœurs, fût-ce sur écran !
Et par le témoignage de Xavier qui nous a partagé sa passion de l’homme et sa foi, dans sa vie de chef d’entreprise « par gros temps » ! Sa volonté de mettre « l’humain d’abord » au centre des décisions, toujours prises en équipe, sa confiance à « aller de l’avant » en dépit des défis à relever, ne pouvaient que m’ancrer plus encore dans ma vocation « d’accompagner des passages ». Ma foi « viscérale » dans la Communion des Saints me donne la conviction que ces décisions importantes dans la vie de Xavier, ont quelque chose à voir avec mes petites décisions et attitudes dans ma vie quotidiennes ! Quel levier pour me sentir VIVANTE et RESPONSABLE, même avec mes 83 ans tout neufs !
Delphine aussi, par sa « petite leçon talmudique », m’a aidée à renouveler mon regard : non pas un regard qui « incendie ce monde malade ! » mais qui, parce qu’il se laisse « brûler » par dedans, apprend à porter sur ce monde un regard de compassion et de douceur !! J’ai du pain sur la planche !!!

Martine

Lors de ce week-end de formation, j’ai été plus particulièrement touchée par les interventions de Xavier et de Delphine, m’évoquant des attitudes pour tenir en espérance et rester solidaire de notre monde : cultiver un regard de contemplation, prendre soin des relations, s’engager pleinement dans l’épaisseur humaine du quotidien…
Des chemins qui font sens dans ma vie auxiliatrice et qui me donnent beaucoup de joie !

Stéphanie

Lors de ce week-end de réflexion sur la crise sanitaire que nous traversons, les deux intervenants et nos échanges en petit groupe ont été très stimulants. J’ai identifié quelques changements heureux, à développer, émergeant dans ma vie du fait de la pandémie. Les nombreuses annulations et ralentissements d’activités m’ont conduite à me détacher du « faire » et de l’attente de résultats. Chaque rencontre en présentiel est devenue précieuse, vécue dans la joie et la gratitude. Le temps libre, parfois subi, a été de plus en plus un temps habité par la présence du Seigneur. Confrontée à un sentiment d’impuissance douloureux par rapport aux crises multiples de ces dernières années, j’ai entendu l’invitation intérieure de tenir bon dans la confiance, à la suite du Christ : suivre plutôt que de chercher vainement à devancer, repérer les changements positifs déjà en cours et entrer dans ce mouvement.

Agnès

Voici une conviction qui a émergé en moi, à partir du topo de Xavier, au sujet de l’opposition entre la vision mécanique qui favorise l’enchaînement répétitif des phénomènes et la vision organique qui donne place au développement luxuriant de la créativité :
Faire en sorte que les énergies créatrices nous conduisent à plus de solidarité entre nous et avec d’autres. Veiller à ce que nous puissions créer du sens ensemble en vue d’un vivre ensemble, surtout en ce temps de crise sanitaire où nous n’appréhendons plus le monde qu’à travers la lucarne de nos écrans ! Vivre dans l’espérance…

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