Vivre la semaine sainte tout en travaillant 2021

Pour la 6ème année, nous avons proposé la Semaine Sainte tout en travaillant. Après l’édition de l’année dernière qui était « tout en confinement », nous espérions revivre une expérience plus habituelle. Katharina, d’Autriche, et Valentina, d’Italie, devaient rejoindre notre équipe auxiliatrice sur place. Et puis, au rythme de l’évolution de la crise sanitaire, Valentina a dû renoncer à venir, puis Katharina, puis nous avons commencé en France le 3ème confinement !

Que faire ? Comment à la fois répondre au besoin des jeunes de soutien pour leur vie de prière, pour ne pas vivre la semaine sainte tout seuls (beaucoup sont très éprouvés des longs mois de solitude et de télétravail) tout en respectant les règles sanitaires pour freiner l’épidémie ?

Finalement, nous décidons une formule mixte : à la fois en zoom et en présentiel. Bénédicte et Sylvie accueillent un petit groupe de 7 jeunes sur place, avec des mesures renforcées : test négatif pour venir, télétravail, masques en permanence, grandes distances dans la salle de restauration…

Chaque soir, nous nous retrouvons avec les 12 jeunes qui vivent la proposition à distance avec Valentina et Katharina : introduction à la semaine, histoire du Salut, péché et mystère pascal, éclairage sur la liturgie du Triduum viennent nourrir les échanges en petits groupes et la prière d’alliance. Le matin, prière guidée depuis la crypte, partagée en direct grâce à la technique. Une petite communauté se forme : vie partagée, échanges profonds, joie… Même la distance n’est pas un frein à la confiance reçue et donnée dans le groupe.

Dimanche des Rameaux. En raison du couvre-feu, la Messe qui prend son temps des Rameaux a lieu en après-midi à l’église St Ignace. Moment très fort de recueillement et de méditation de la Passion.

Jeudi saint. Nous profitons de la présence de RCF (Radio Chrétienne Francophone) à St Ignace pour le Triduum : l’eucharistie est célébrée en fin de journée et nous avons la chance d’avoir une attestation de déplacement pour renforcer un peu l’assemblée réduite et soutenir la prière des auditeurs.

Vendredi Saint. Chemin de croix dans la ville par petites équipes de 2 ou 3. Le beau temps est au rendez-vous. Puis office de la Passion dans notre chapelle. Solennité et gravité.

Samedi saint. Méditations à la crypte dans la journée avec la mise au tombeau de Chaource et l’icône de la résurrection de l’église Saint-Sauveur-in-Chora d’Istamboul. Le soir, nous nous retrouvons dans le jardin pour le feu de la veillée pascale : nous, c’est-à-dire les communautés de La Barouillère, les jeunes, Jérémy, l’étudiant logé chez nous. C’est assez exceptionnel de vivre cette veillée pascale chez nous. Procession dans la nuit vers la chapelle, allumage progressif des lumières au fur et à mesure de la liturgie de la Parole. Par le chant, par les lectures, par la musique, chacun(e) peut habiter la célébration et la vivre de l’intérieur.

Alléluia, Christ est ressuscité ! La joie de Pâques peut éclater pleinement.

Témoignages de jeunes

Expérience pascale particulière cette année au cœur d’un confinement qui dure et semble ne jamais devoir s’arrêter. Un peu la porte du tombeau… L’espérance est muette.
Au cœur de cette réalité, cette « Semaine Sainte tout en travaillant » a été un moment de passage pour moi. Au fil de la retraite, j’ai découvert que le mystère de la Résurrection peut se recevoir les uns des autres.
Prières matinales pour lancer la journée, espaces de parole, partage du quotidien, chemin du Vendredi, silence habité du Samedi, autant d’étapes toutes simples qui ouvrent le cœur pour accueillir la surprise de la présence du Ressuscité au milieu de nous.
Au soir de la veillée pascale, je fais la rencontre d’une sœur qui a éclairé la célébration de sa musique. « Quel est ton nom ? » « Espérance ».
La pierre qui fermait le tombeau a été roulée, fruit de la fraternité et la vie peut jaillir pour irriguer le monde. Merci Seigneur !
Clémence

Cette retraite m’a permis de vivre la fin du Carême et le mystère de Pâques avec plus de profondeur. La prière, les topos et les temps de partage ont nourri ma vie spirituelle. Changer de lieu et me laisser déplacer par la figure d’un Dieu qui aime jusqu’au bout m’ont fait regarder différemment mes discernements en cours. Cheminer avec un petit groupe dans la simplicité et la convivialité a été une grande joie. J’ai été particulièrement touché par l’atmosphère chaleureuse de la vigile pascale dans la chapelle des Auxiliatrices en présence de nombreuses sœurs. Chaque participant a contribué à la simple et belle liturgie par la musique, le chant ou la lecture. Je repars avec le désir de creuser toujours plus une vie habitée par la présence de l’Esprit, du Christ ressuscité.
Adrien

En vivant la Semaine Sainte avec les Auxiliatrices pour la deuxième fois, j’ai pu constater encore une fois combien le Seigneur me rejoint là où je ne l’attends pas. Cette année j’ai redécouvert le chemin de Croix grâce à une belle formule : en trio, au cœur du monde dans Paris et en prenant son temps. J’ai vu le Christ se faire l’un de nous, Dieu vraiment homme qui par trois fois tombe sous le poids de la croix, mais chaque fois se relève et nous entraîne dans ce même mouvement. Contempler le don infini d’amour de Dieu manifesté dans le mystère pascal augmente en moi le désir d’aimer et de servir.
Anne

Merci infiniment pour votre accueil et pour nous avoir fait découvrir la maison des Auxiliatrices, partagé un peu de la profondeur de ce qui s’y vit et de ce quotidien dans cette semaine pas comme les autres. Merci aussi aux sœurs des différentes communautés d’avoir accepté notre présence. Je suis pleine de gratitude d’avoir ressenti la communion du groupe qui me manquait dans ma vie spirituelle ces derniers temps. Merci pour votre accompagnement. Je vous confie à ma prière dans la joie de Pâques. Amicalement,
Marie

Témoignages de sœurs qui ont  animé

Cette semaine sainte tout en travaillant a été pour moi une deuxième fois : la première j’étais novice et j’avais participé comme les autres jeunes. Cette fois-ci j’étais dans le groupe qui organisait. Cela a été une expérience enrichissante de travailler ensemble entre Auxis, depuis trois pays différents.
Je dois admettre que j’ai été déçue quand j’ai dû annuler mon voyage à Paris, cela aurait été sûrement très différent de vivre toute la semaine ensemble. Mais cela a été magnifique de voir comment les jeunes étaient intéressés de creuser le sens de cette semaine si importante, comment ils ont pu goûter en profondeur tous les moments proposés. Dans le petit groupe de partage, jour après jour, nous avons pu nous rapprocher, nous accompagner et tisser des liens, même si nous étions en visioconférence.
Valentina

J’ai accompagné un petit groupe de jeunes femmes qui participaient en distanciel. Au fil des jours nous sommes devenues un vrai groupe (tout en regrettant le contact personnel qui nous manquait derrière nos écrans respectifs) et les participantes étaient de plus en plus ouvertes. Elles ont partagé leurs expériences profondes, leurs situations parfois difficiles. J’étais bien touchée de leur confiance envers moi et de la solidarité entre elles. Il me semble qu’on a créé de vrais liens malgré la situation inhabituelle. Il reste le désir de, un jour, faire meilleure connaissance avec les jeunes femmes en présentiel après tout ce qu’on a vécu pendant ce temps autour de Pâques.
Katharina

Tout au long de la semaine, j’ai goûté à une profondeur nouvelle le mystère du salut ; il prenait une force nouvelle après cette année éprouvante. J’ai eu beaucoup de joie à vivre la liturgie à La Barouillère, à la préparer, comme une manière d’être davantage actrice, de mettre en valeur le sens de la liturgie par les chants, le corps, la lumière, de lui donner une couleur auxiliatrice.
Bénédicte

Ce fut une belle occasion de collaboration avec d’autres Auxiliatrices au service de jeunes professionnels dans le partage de ce qui fait le cœur de notre foi chrétienne – la mort et la Résurrection du Christ – et de l’accent propre de notre Charisme notamment avec le Samedi Saint. Je reste particulièrement sensible et touchée par cette communauté que nous avons formé avec les jeunes présents (que ce soit en présentiel ou à distance cette année). C’est bien ensemble et au point où chacun en était avec ce qui marque sa vie – ses joies, ses peines, ses convictions, ses questions et préoccupations – que nous avons cheminé en présence du Christ pour découvrir comment la passion-résurrection est à l’œuvre dans chacune de nos vies. Ce fut vraiment heureux. Oui, le Christ est bien ressuscité, il est vivant et présent à nos côtés !
Sylvie

Témoignages de sœurs de la maison

Comme l’année dernière, j’ai eu la chance d’être à La Barouillère lors de la « Semaine Sainte tout en travaillant » proposée aux jeunes. Savoir que des jeunes consacraient cette semaine pour en découvrir la dynamique de vie, les voir recueillis dans le jardin, la crypte, la chapelle, ou savoir qu’ils le faisaient chez eux pour cause de confinement, m’a vraiment soutenue dans ma propre démarche. J’étais en communion avec eux, qu’ils soient ici, au travail, ou chez eux. Oui, ils m’ont épaulée dans la prière.
Dans ce mouvement de communion avec eux, j’ai choisi de vivre les célébrations du vendredi Saint et Samedi Saint à la Barouillère, heureuse de participer avec eux à la richesse de sens que nous offrent ces liturgies.
Myriam C

Inédit ! Il fait nuit en ce samedi saint quand le feu pascal s’élance en joyeuse lumière dans le jardin de La Barouillère. Nous l’entourons d’un grand cercle. Peu à peu nos petites lumières se greffent au cierge pascal. Et nous professons joyeusement le « Lumen Christi » à trois reprises. Les arbres du jardin et toute la nature semblent s’associer à cette louange nocturne. Comment ne pas penser à notre sœur chinoise qui dit à Marie de la Providence : « Tu allumes le feu de Dieu et tu le répands dans nos cœurs ».
Marie-France

En participant à la préparation puis à l’animation des offices du Vendredi Saint et de la Veillée Pascale dans notre chapelle, j’ai vécu la Pâques du Seigneur avec tout mon être. Nous avons choisi les gestes, textes et chants, proposés par la liturgie, et en lien avec notre charisme orienté sur le mystère pascal, la communion des Saints et l’Espérance. Ainsi, totalement insérée dans l’Eglise du Christ, nous y étions aussi totalement comme Auxiliatrices et la Vie du Ressuscité qui traverse la mort par le don de sa vie m’a irriguée d’une manière nouvelle.
Isabelle G.

J’ai accueilli avec joie l’invitation à participer aux célébrations des vendredi et samedi saints. C’était pour moi une expérience d' »hospitalité » dont la dimension intergénérationnelle était précieuse en ce temps où l’on s’est plu à opposer les personnes âgées aux plus jeunes sous prétexte que leurs intérêts ne sont pas les mêmes. Mais nous avions le même projet : suivre Jésus-Christ dans sa Pâque pour nous situer avec justesse dans la société et dans l’Eglise.
Christiane