Les consacrés, semences de paix là où la dignité est blessée

Vie-consacrée

Le lundi 2 février 2026 marque la 30e édition de la Journée mondiale de la Vie consacrée, célébrée chaque année en la fête de la Présentation de Jésus au Temple. Instituée par le pape Jean-Paul II en 1997, son but est triple :

  • « remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée,
  • faire mieux connaître et apprécier la vie consacrée au peuple de Dieu tout entier,
  • et enfin, pour les personnes consacrées, célébrer ensemble et solennellement les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles. »

À l’occasion de cette 30e journée, la Conférence des Religieux et Religieuses de France (Corref) a souhaité rejoindre toutes les personnes consacrées en leur délivrant un message d’espérance et de soutien dans leur vie et leur mission :

Chers frères et sœurs engagés dans la vie consacrée,
Chers frères et sœurs baptisés et engagés dans d’autres formes de vie chrétienne,
Chers amis,

Conscients des limites de notre humanité, et des ombres de notre histoire, nous voulons nous tourner vers la lumière du Christ qui ne cesse de nous appeler. Ensemble, nous sommes en chemin, pèlerins d’espérance. Chaque jour, nous publions à nouveau la louange du Seigneur pour sa création et pour le salut qu’Il nous offre. Nous ouvrons notre cœur et nos mains au monde pour y recueillir la vie de l’humanité en pèlerinage pour la paix, la justice et la fraternité. Cet accueil des joies et des peines des hommes et des femmes de notre temps veut témoigner de l’amour de Dieu pour le monde.
[…]

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À Rome, le dicastère des instituts de Vie consacrée et les sociétés de vie apostolique ont publié également un message :

[…] la dimension prophétique de la vie consacrée comme « présence qui demeure » : aux côtés des peuples et des individus blessés, dans des lieux où l’Évangile se vit souvent dans la fragilité et l’épreuve.
Cette « présence » revêt différents visages et défis, car les complexités de nos sociétés sont diverses : là où le quotidien est marqué par la fragilité et l’insécurité des institutions ; là où les minorités religieuses subissent des pressions et des restrictions ; là où la prospérité côtoie la solitude, la polarisation, de nouvelles formes de pauvreté et l’indifférence ; là où les migrations, les inégalités et la violence généralisée mettent à l’épreuve la vie en société. Dans de nombreuses régions du monde, la situation politique et sociale éprouve la confiance et mine l’espérance : et c’est précisément pour cette raison que votre présence fidèle, humble, créative et discrète devient un signe que Dieu n’abandonne pas son peuple.
Le « demeure » évangélique n’est jamais immobilité ni résignation : c’est une espérance active qui engendre des attitudes et des gestes de paix : des paroles qui désarment précisément là où les blessures du conflit semblent effacer la fraternité, des relations qui témoignent du désir de dialogue entre les cultures et les religions, des choix qui protègent les plus vulnérables même lorsque les soutenir a un prix, de la patience dans les processus, même au sein de la communauté ecclésiale, de la persévérance dans la recherche de voies de réconciliation construites par l’écoute et la prière, du courage de dénoncer les situations et les structures qui nient la dignité humaine et la justice. C’est précisément parce qu’il en est ainsi que ce « demeure » n’est pas seulement un choix personnel ou communautaire, mais devient une parole prophétique pour toute l’Église et pour le monde. […]
C’est précisément au sein de cette prophétie de la présence que mûrit un témoignage de paix. […]

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C’est tout un programme de vie qui est ainsi proposé aux religieuses que nous sommes – et à tout baptisé –, un appel : devenir toujours davantage pèlerins d’espérance, semences de paix, présences aux côtés des fragiles, frères et sœurs témoins de l’amour de Dieu pour chacun et pour le monde…

« Nous confions chacun d’entre vous au Seigneur, afin qu’il vous affermisse dans l’espérance et que vous soyez doux de cœur, capables de persévérer, de consoler, de recommencer : et ainsi d’être, dans l’Église et dans le monde, une prophétie de présence et une semence de paix. » (fin du message du Dicastère)