Plus de 20 000 personnes ont été baptisées lors des célébrations pascales en France. Ils sont de plus en plus nombreux à demander le baptême et cela bouscule les chrétiens de longue date et l’Église toute entière. Sylvie découvre le service du catéchuménat qui accompagne le cheminement de ces nouveaux chrétiens.
En septembre dernier j’ai intégré le service diocésain du catéchuménat du diocèse de Pontoise. Je ne connaissais le catéchuménat qu’à travers le rituel de l’initiation chrétienne (RICA), donc avec le prisme liturgique.
En participant aux récollections, aux formations, en animant les rencontres de catéchumènes adultes (entre 18 ans et 82 ans !) de tous horizons, générations, histoires, en soutenant leurs accompagnateurs, etc., puis-je dire que je participe à un « phénomène », un « miracle », un « événement ecclésial et spirituel », à un « signe des temps » (cf. Gaudium et Spes n 4) ?
Je crois bien que oui, lorsque je vois sur mon bureau près de 350 dossiers de demandes de baptême et environ 460 autres pour la première des communions et la confirmation.
Je crois bien que oui, lorsque j’entends comment la rencontre avec le Christ a chamboulé la vie de l’un ou l’autre.
Je crois bien que oui, lorsque je réalise l’engagement de certains chrétiens pour accompagner et/ou parrainer ces « jeunes pousses ».
En France, depuis 4 ans, le nombre de nouveaux baptisés a plus que triplé.
21 386 catéchumènes ont été baptisés à Pâques : 13 234 adultes et 8 152 adolescents.
Jusqu’en 2022, il y avait environ 4 000 baptêmes d’adultes.

Et je suis profondément bousculée tant dans ma foi que dans mon engagement ecclésial. Ces catéchumènes, ces néophytes m’interrogent. Toi, « vieille chrétienne », que fais-tu de ton baptême ? Restes-tu toujours ouverte à l’appel du Christ ? Transforme-t-il vraiment ta vie au point de t’engager pour la gloire de Dieu et le salut du monde ? Assistes-tu ou prends-tu ta part à la vie de l’Église et à son développement ? Bref, quelle est l’actualité de ta foi ?
Et je m’interroge quant à l’Église de demain. Je ne peux que rendre grâce pour cette merveille de Dieu que sont les catéchumènes et les néophytes. Mais sommes-nous prêts à accueillir les bouleversements et les changements inhérents à l’arrivée de nouveaux ? Par leur présence nous sommes invités à changer nos habitudes, nos regards, à nous laisser nous déplacer voire laisser notre place, pour que chacun grandisse dans la foi au sein de l’Église, Corps du Christ. Mais les portes de nos églises et communautés sont-elles réellement ouvertes à ces « dérangements » ?
De fait, il est grand temps que l’Église se positionne face à cet événement en ayant réfléchi et en restant attentive à ce que « l’Esprit dit aux Églises » (cf. le chant de D. Rimaud Église de ce temps). C’est l’objectif de la mise en place d’un Concile provincial sur le catéchuménat et le néophytat dans la province ecclésiastique de l’Ile-de-France durant les années 2026-2027. Je suis dans l’équipe d’élaboration… Je vous en parlerai plus tard, promis !

Pour en savoir plus sur le concile provincial :
www.concileprovincial.fr
Face à l’élan toujours plus vif des catéchumènes et néophytes, les évêques d’Île-de-France ont décidé la tenue d’un concile provincial de la Pentecôte 2026 à l’été 2027 sur le thème : « Catéchumènes et néophytes, de nouvelles perspectives pour la vie de notre Église dans nos diocèses ».
Pourquoi un concile ?
Parce que de plus en plus d’adultes et d’adolescents frappent à la porte de nos paroisses pour demander le baptême, la communion et la confirmation. Et nous voulons rendre grâce pour ce don que Dieu fait à nos églises, pour ces « nouvelles pousses » ! Tel est le sens du mot « néophyte » qui est employé pour parler de ceux qui viennent d’être baptisés. Un concile c’est d’abord une célébration ! Rendre grâce, d’abord, mais aussi réfléchir car ces néophytes nous bousculent par leurs itinéraires inattendus et par leur affirmation simple et joyeuse de la foi. Ils cherchent une communauté fraternelle, accueillante et priante. Leur accompagnement, leur formation et leur accueil dans nos communautés chrétiennes est un véritable défi auquel nous devons répondre avec sérieux. D’où la convocation de ce Concile.
Et puis, nous sommes tous concernés : la situation de ces milliers de nouveaux chrétiens dans notre région d’Île-de-France est une joie et nous crée des devoirs : que devons-nous faire et faire de mieux en mieux pour qu’ils trouvent au milieu de nous de quoi grandir encore dans la foi ?