Un appel urgent en faveur d’une « transition juste au-delà des énergies fossiles ».
Face à la difficulté de plus en plus grande des États d'arriver à des accords ambitieux lors des COPs, un certain nombre de pays, mené par la Colombie, ont proposé aux États volontaires d'aller plus loin, en organisant un sommet international sur la sortie des fossiles. Ce sommet aura lieu du 24 au 29 avril à Santa Marta, en Colombie. Il s'inscrit dans la démarche du Traité de Non-Prolifération des Combustibles Fossiles. À cette occasion, les Conférences des Églises catholiques des pays du Sud ont publié une déclaration commune. Écoutons leur "appel urgent en faveur d'une transition juste au-delà des énergies fossiles" !
Extraits du Manifeste des Églises des pays du sud pour notre maison commune
PRÉAMBULE : LA CLAMEUR DE LA TERRE ET DES PAUVRES
[…] Nous reconnaissons avec tristesse et urgence que « le monde qui nous accueille s’effrite et s’approche peut-être d’un point de rupture » (LD, 2). Avec le pape Léon XIV, nous affirmons qu’« il est essentiel de transformer les paroles et les réflexions en choix et en actions fondés sur la responsabilité, la justice et l’équité afin de parvenir à une paix durable en prenant soin de la Création et de nos voisins ». […]
En tant qu’Églises pèlerines d’Afrique, d’Amérique latine, des Caraïbes et d’Asie, nous sommes témoins que le changement climatique n’est pas seulement une crise environnementale, mais aussi la conséquence de modes de production et de consommation non durables et d’une « économie qui tue », qui se traduit par une crise sociale, culturelle et spirituelle qui menace la dignité humaine et la paix. […]
Guidés par l’option préférentielle pour les pauvres et la sauvegarde de la création décrites dans l’enseignement social catholique, nous déclarons notre soutien indéfectible à une transition juste et appelons fermement les gouvernements du monde entier à adopter un traité visant à mettre fin à la prolifération et à abandonner les combustibles fossiles, ce qui constitue un impératif moral et politique.
Le document développe ensuite 4 parties :
– Le traité : un complément nécessaire à l’accord de Paris
– Principes pour une transition juste sans fausses solutions
– Justice financière : dette et réparations
– Appel aux gouvernements et aux dirigeants mondiaux
CONCLUSION : ESPÉRANCE ET ACTION
En tant qu’Église pèlerine dans le monde, conscients de notre responsabilité historique et morale, nous réaffirmons que la défense de la vie et de la dignité humaine nous oblige à agir avec détermination face à la crise socio-environnementale. Nous ne pouvons rester indifférents lorsque les modèles économiques et financiers mettent en danger la vie humaine et transgressent les limites de la planète.
Nous nous engageons à promouvoir une transition énergétique juste, à revoir nos propres pratiques, notamment en désinvestissant des énergies fossiles, et à accompagner les communautés qui font preuve de résistance et de résilience sur leurs territoires avec espoir.
Nous nous joignons à l’appel urgent du pape Léon XIV pour que nous soyons les bâtisseurs d’une « paix désarmée et désarmante » dans le monde. Bon nombre des guerres actuelles sont motivées par le contrôle des sources et des biens matériels nécessaires à la production d’énergie. Cette production est orientée vers le développement infini de l’industrie de la guerre et de la mort. Une transition énergétique ne suffit pas : une profonde transformation socio-économique et culturelle est nécessaire de toute urgence pour promouvoir de nouveaux modes de vie et de production qui nous conduisent à bien vivre et à vivre bien.
Nous croyons que « les choses peuvent changer » (LS, 13). Nous sommes prêts à écouter « la clameur de la Terre et la clameur des pauvres » (LS 49). Nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à se joindre à une coalition historique entre les pays du Nord et du Sud pour protéger notre maison commune. Le temps presse, mais l’espérance nous mobilise. Un monde sans combustibles fossiles, juste et en paix, est possible et nécessaire.
Pour lire le texte en entier : FR_Iglesia_Sur_Global_manifiesto_.pdf