Les parents d’Eugénie Smet, fondatrice des sœurs Auxiliatrices, avaient une propriété à Loos, à côté de Lille, dans le Nord de la France : une grande maison carrée entourée d’un vaste jardin. Eugénie y a vécu jeune adulte après ses études chez les religieuses du Sacré-Cœur à Lille. C’est là qu’il faut situer toute sa vie apostolique de jeune fille, toutes ses initiatives d’œuvres de charité diverses, auxquelles elle a associé des membres de sa famille et des amies. C’est là que sa vocation a mûri et que s’est précisée son intuition, son appel à aider les plus oubliés, les plus pauvres.

Après le décès des parents puis des sœurs d’Eugénie, la propriété est arrivée entre les mains des Auxiliatrices et, au long des années, elle a été louée à des particuliers ou à des associations, qui l’ont transformée et plus ou moins bien entretenue : des jeunes handicapés, un foyer de jeunes travailleuses, un foyer scolaire, l’Œuvre de la Visite des Détenus dans les Prisons (OVPD)… Le terrain, d’un peu plus de 3 hectares au temps d’Eugénie, a été vendu par morceaux et il reste aujourd’hui 3 200 m2. Les Auxiliatrices elles-mêmes ont construit une maison sur le terrain et pendant 10 ans elles ont rayonné sur la paroisse et la commune de Loos à travers un centre de soins, des œuvres pour les jeunes (catéchèse), la mission ouvrière, des visites aux plus démunis, une mission auprès des gens du voyage et des bateliers…

Aujourd’hui, cette maison n’appartient plus aux auxiliatrices mais elle porte le nom de Résidence Eugénie SMET et elle continue à être au service « des plus oubliés ». C’est l’association EOLE qui la gère, une association qui assure un accompagnement social lié au logement pour les personnes sans domicile ou en situation de précarité.

La maison a été transformée en CHRS (Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale) et divisée en plusieurs logements où vivent des familles issues de l’immigration. Certaines personnes logées sont « sans papiers ». Dans les bâtiments attenants, tout un projet social a été mis en place : des ateliers de formation professionnelle (pour des personnes migrantes notamment), une cuisine où sont préparés des repas distribués aux plus démunis jusqu’au centre-ville de Lille.
Eugénie a quitté la maison familiale et son Nord natal en 1856 pour aller fonder la congrégation des Auxiliatrices à Paris et depuis 170 ans propriétaires, locataires et personnes hébergées se sont succédé et ont écrit l’histoire de la maison. Le projet d’aujourd’hui réjouirait Eugénie ! Il est dans la ligne de ce qu’elle désirait : une attention aux « plus délaissés », aux personnes en précarité.