Touchée par Madeleine Delbrêl

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Comme c’est arrivé à d’autres auxiliatrices, la « rencontre » avec Madeleine Delbrêl a marqué Espérance.

J’ai découvert la vie de Madeleine Delbrêl en 2004-2005 lorsque je faisais une formation pour valider mon diplôme d’assistante sociale du Rwanda. Il a été nécessaire de se réapproprier les services sociaux en France, c’est ainsi qu’on nous a parlé de Madeleine Delbrêl.

J’ai été très touchée par sa foi, sa conversion, son désir large de s’occuper des personnes en situations difficiles et de leur rendre la dignité humaine, son écoute active, ses capacités d’être en échange avec toutes les personnes qu’elle a croisées sur son chemin et sa manière d’aider les personnes de la rue à retrouver le goût à la vie. Elle était une femme qui osait une parole juste auprès des communistes pour défendre les pauvres. Elle aimait la jeunesse, qu’elle soit communiste, athée ou croyante.

Une femme de prière et d’action, de communion avec le Christ souffrant. La croix a été pour elle un lieu de fécondité spirituelle. On voit chez elle la volonté, tout au long de sa vie, d’imiter le Christ et de communier avec Lui dans sa souffrance. Elle portait en elle la détresse de tout homme au cœur de la souffrance physique et morale.

Je rejoins Madeleine Delbrêl quand elle dit que le silence pour elle n’est pas d’abord absence de bruit, mais écoute de la Parole de Dieu. Pour moi, il s’agit d’une écoute qui transforme, qui permet une vie nouvelle : renouer sa relation avec Dieu afin d’être plus créative.

J’ai trouvé chez elle quelque chose qui rejoint ma vocation auxiliatrice et mon métier d’assistante sociale.

Après sa conversion, elle a éprouvé le désir de partir au milieu des incroyants et des pauvres pour y vivre l’Évangile à Ivry-sur-Seine avec plusieurs compagnes : « Toute cette foule dans notre cœur ».

C’est ce même désir qui m’a habité tout au long de ma vie professionnelle en tant qu’assistante sociale : accompagner des personnes isolées en grande précarité, quelles qu’elles soient, les aider à changer leurs conditions de vie, dans la lutte contre les injustices, prendre la défense des sans-voix, et cela au cœur d’un combat spirituel. Oui, je suis témoin de la souffrance de cette foule que j’ai accompagnée.

Madeleine Delbrêl est pour les chrétiens un modèle d’évangélisation, de conversion, d’une proposition claire de la foi, d’une prière contemplative intense et de l’exercice d’une charité inconditionnelle envers tous.