Conversion à l’écologie intégrale : écouter le cri de la Terre

DIU-Ane-Nougat

Florence et Sophie, laïques, travaillent toutes les deux à l’économat des auxiliatrices de France-Belgique. Elles se sont engagées dans une formation en écologie intégrale, une formation qui se déroule sur une année avec 4 sessions de 3 ou 4 jours.

Aujourd’hui Florence partage un écho de la « conversion » qu’elle a vécu au long du parcours, qui n’est pas terminé.

Avant cette formation, l’écologie était pour moi un sujet parmi d’autres, une préoccupation lointaine, souvent reléguée aux actualités ou aux débats politiques. Aujourd’hui, elle est devenue un cri : celui de la Terre, étouffée par nos modes de vie, et celui des pauvres, écrasés par les inégalités que notre modèle engendre.

La première session à l’Institut Catholique de Lille, en janvier, a été un électrochoc. Les chiffres sur la dégradation de la planète, les témoignages sur les conséquences humaines de la crise écologique… Tout cela a résonné en moi comme un appel urgent. Pour la première fois, j’ai vu le lien indissoluble entre la souffrance de la Terre et celle des plus vulnérables. Comment rester indifférente quand on comprend que les premiers touchés par le dérèglement climatique sont ceux qui y ont le moins contribué ?

Ce constat m’a bouleversée, mais il a aussi allumé en moi une lueur d’espoir : si tout est lié, alors chaque geste, chaque choix, peut faire une différence.

Aux Facultés Loyola, en mars, j’ai découvert que l’écologie n’était pas qu’une question technique ou scientifique. Elle est aussi une question de foi, d’éthique et de justice. L’atelier avec La Pierre d’Angle m’a touchée au plus profond. Le cri des pauvres avait soudain un visage, une histoire, une urgence. Les interventions sur l’encyclique Laudato Si’, la doctrine sociale de l’Église, les réflexions sur la théologie de la création… Tout cela m’a montré que l’engagement écologique est aussi un acte spirituel.

J’ai compris que ma mission d’économe adjointe ne se limitait pas à gérer les biens matériels de la Province. Elle devait aussi intégrer une dimension écologique et sociale. Chaque achat, chaque partenariat, chaque décision financière peut être un acte de justice, un pas vers un monde plus respectueux de la création et des êtres humains.

« Tout est lié » : cette phrase de Laudato Si’ est devenue pour moi une boussole. Elle m’a aidée à voir que la crise écologique et la crise sociale sont les deux faces d’une même réalité.

C’est au Centre spirituel du Châtelard, à Lyon, en juillet, que cette formation a pris tout son sens. Dans ce lieu de silence et de nature, j’ai vécu une expérience de conversion. Les différents ateliers m’ont appris à écouter – vraiment écouter – le cri des autres… et le mien. Les temps de prière m’ont permis de reconnecter ma spiritualité à l’écologie. Prendre soin de la création, c’est honorer le Créateur.

Deux moments restent gravés en moi : une marche en forêt et la célébration de la création au milieu des champs, où j’ai senti – et pas seulement compris – les liens qui unissent toutes les formes de vie. Ce n’était plus une idée abstraite, mais une expérience du cœur.

Célébration de la création

Au Châtelard, j’ai lâché des peurs, des habitudes, des résistances. J’ai trouvé une paix nouvelle, comme si, en acceptant le cri de la Terre, je libérais aussi le mien. Je suis repartie avec une certitude : l’Écologie Intégrale n’est pas une option, mais une voie pour vivre pleinement ma vocation. Elle m’a donné des yeux nouveaux pour voir le monde, des mains nouvelles pour agir, et un cœur nouveau pour aimer.

Cette formation m’a transformé dans mon être et dans mon agir.
Savoir : J’ai acquis des connaissances en écologie, en éthique et en théologie. J’ai compris que la justice écologique est indissociable de la justice sociale.
Être : J’ai vécu une conversion du cœur. Une joie renouvelée : agir pour la justice écologique n’est pas un fardeau, mais une source de sens.
Agir : Dans ma vie, je réfléchis davantage aux critères écologiques dans les achats, les investissements de la Province et les miens, je réduis mon empreinte et je soutiens des initiatives locales (circuits courts, accueil de personnes précaires…). Je sensibilise les personnes autour de moi.

Je mesure la chance qui m’est offerte. Cette formation est un cadeau. Elle m’a permis de vivre une expérience unique, qui a nourri mon âme et renforcé mon engagement. Je souhaite maintenant la faire rayonner, pour que d’autres personnes puissent, elles aussi, entendre ce cri… et y répondre.

DIU Écologie intégrale aux Facultés Loyola Paris : https://www.loyolaparis.fr/formation/diplome-inter-universitaire-ecologie-integrale/