Florence et Sophie, laïques, travaillent toutes les deux à l’économat des auxiliatrices de France-Belgique. Elles se sont engagées dans une formation en écologie intégrale, une formation qui se déroule sur une année avec 4 sessions de 3 ou 4 jours.
Aujourd’hui Sophie partage un écho de la « conversion » qu’elle a vécu au long du parcours, qui n’est pas terminé.

Le 8 janvier 2026, nous sommes à la Catho de Lille : il pleut (sic) c’est notre 1er jour du cursus écologie intégrale et, je peux le dire maintenant, mon 1er jour de conversion écologique. Mes connaissances préalables essentiellement techniques se sont révélées insuffisantes face à l’ampleur du diagnostic posé.
Le lendemain, nous sommes à Lille, les transports en commun sont paralysés par une tempête. Elle est aussi dans ma tête.
Le contenu de la session a établi un diagnostic scientifique sans concession sur l’ampleur de la crise, mettant en évidence sa dimension systémique et la responsabilité humaine dans le changement des équilibres planétaires. La crise n’est pas seulement environnementale, elle remet en cause les fondements même de notre société : la séparation d’avec le vivant, la croyance à une maitrise totale ou plutôt l’hubris[1] de l’homme et le mythe d’un salut exclusivement technologique.
Mais on nous a aussi proposé une nouvelle boussole pour un monde plus juste et soutenable, avec au centre cette idée d’interdépendance que « tout est lié ». Ce fil conducteur appelle à une conversion globale de l’humanité et à un nouveau rapport au monde pour chacun de nous.
Si je ne fus pas surprise du diagnostic de la crise écologique, je repars avec une vision élargie et un peu d’espoir. L’humanité est à un carrefour, et il existe un chemin de résilience et de bonheur non-matérialiste.
La 2e session aux Facultés Loyola a confirmé la nécessité de cette conversion globale et elle en précise le cadre éthique et théologique pour faire face aux défis de l’Anthropocène[2]. Pour faire bref, les interventions sont autant de guides pour passer à l’action.
Les interventions sur les vulnérabilités, les plus démunis, les animaux et bien sûr la nature, m’ont touchées. Une vraie leçon d’humilité. Les pauvres, la terre sont une seule clameur. Les très pauvres ne sont pas que des victimes ils sont aussi des sages, des experts de la survie. L’écologie intégrale c’est lutter contre les inégalités environnementales mais aussi reconnaître les plus pauvres comme des acteurs essentiels.
Le séjour au centre spirituel du Châtelard m’a ramenée à une douceur d’enfance avec une atmosphère de colonie de vacances. Florence et moi nous retrouvons certains de nos collègues du DUI : Denis, Cynthia, Lucia et Blandine.
Au-delà de ce sentiment joyeux de retrouvailles, de ce sentiment de légèreté, l’écologie intégrale et le « tout est lié » ont cessé d’être un concept abstrait. Après la tête et le cœur, la conversion est passée par le corps. L’écologie est devenue palpable presque charnelle : la messe de célébration de la création en plein air, le temps de prière dans la nature le matin… tout m’a permis de me relier à un ensemble : la nature, les autres et la spiritualité chrétienne. Ce fut magique. Et l’est resté car ce séjour m’a offert à la fois l’apaisement et l’envie de m’engager. J’ai maintenant une certitude : la sobriété, la fraternité et la protection de notre environnement apportent davantage de sens à notre vie que la surconsommation.

Merci à tous ceux qui, par leur engagement, nous ont montré que la conversion écologique est un chemin de lumière et d’espérance.
DIU Écologie intégrale aux Facultés Loyola Paris : https://www.loyolaparis.fr/formation/diplome-inter-universitaire-ecologie-integrale/
[1] Désigne la conduite d’une personne qui agit avec démesure, avec intempérance.
[2] L’Anthropocène est une ère géologique marquée par l’influence dominante de l’humain sur les écosystèmes, débutant avec la révolution industrielle vers 1784 et s’accélérant après 1945.