Depuis environ 10 ans, j’accompagne des femmes qui sont dans la prostitution et fais de la prévention et information dans les écoles auprès des jeunes.

Depuis longtemps, j’ai été touchée par la situation de ces femmes qui, par leur histoire, sont tombées dans la prostitution et deviennent par le fait même une marchandise qu’on achète !

La chance m’a été offerte de participer à l’action de 2 associations qui portent le souci de les accompagner jusqu’à leur sortie, si c’est leur projet.

Régulièrement, le soir, nous rencontrons, toujours en duo, dans 2 quartiers de Bruxelles, des femmes qui attendent par tous les temps le client. Elles viennent essentiellement de l’Europe de l’Est, de l’Afrique, de l’Equateur… souvent issues de minorités et donc déjà vulnérabilisées dans leur pays. Nous les abordons avec précaution sachant que nous venons les rencontrer dans un contexte particulier qui peut justifier qu’elles n’aient pas envie de nous parler. Beaucoup nous accueillent avec gentillesse, certaines avec la joie des retrouvailles.

La langue, bien sûr, est un obstacle que nous essayons de dépasser par l’anglais, des rudiments d’italien, d’espagnol (grâce à mes coéquipières !) et bien sûr par la langue des signes : le sourire, les gestes spontanés…

Au fil du temps, nous apprenons d’elles des bribes de leur famille, les conditions de leur vie, leur grande solitude, le poids du mépris, leur désir d’en sortir, leurs rêves… et ce qu’elles ne disent pas, leur peur, la violence qu’elles subissent au quotidien, leurs souffrances à tous niveaux…

J’ai l’occasion par la suite d’accueillir celles qui ont l’audace de franchir la porte de la permanence et d’en accompagner certaines dans des démarches de sortie. Un vrai parcours du combattant !

Du 6 au 13 avril, des survivantes de la prostitution, accompagnées par l’association isala, ont fait une marche de 180 km en Belgique pour sensibiliser à la réalité de la prostitution.

Quand nous allons, sœur Lorenza et moi, dans les classes terminales pour faire de la prévention, nous entendons régulièrement des élèves nous dire avec conviction : « Elles le choisissent », « Elles aiment ça ! », « Les hommes ont des besoins irrépressibles ! » et puis « C’est le plus vieux métier du monde, c’est un mal nécessaire ! ». Ce qui nous conforte dans l’idée que notre combat n’est pas inutile !

Notre rêve, comme vous l’avez compris, vise à toucher la société toute entière, en vue d’un changement de mentalité et pour une société « sans prostitution » ! Un vrai défi !

A la grâce de Dieu !

Plus d’infos sur le combat de l’association Isala où Bernadette est engagée.

En équipe pour un temps de formation et de rencontre

Distribution de bambous le 8 mars, journée de la femme.

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