A 12 ans, très secouée par le décès de deux enfants de ma famille et le suicide d’un jeune oncle, je me posais des questions fondamentales : quel sens a la vie ? Pourquoi cette agitation, cette course après les richesses, si nous devons tous mourir ? J’avais soif d’une vie qui ait sens, et d’un amour de Dieu absolu.

Je pensais parfois à la vie religieuse, mais sans beaucoup d’attirance…

A 16 ans, Je participais à un camp de jeunes, animé par les sœurs auxiliatrices, dans les Dolomites. Pendant trois semaines, j’ai pu observer ces femmes au quotidien : j’ai constaté, avec étonnement et intérêt, leur attachement à la personne du Christ, leur liberté intérieure, leur joie de vivre et leur audace.

Proches des plus démunis, leur ouverture me surprenait à une époque où les religieuses en manquaient parfois… tout en étant très dévouées ! Elles ne se cantonnaient pas à des activités déterminées et désiraient « aider à tout bien quel qu’il soit », et « aider l’homme à atteindre le but de sa création », en l’accompagnant jusque dans la « traversée » des étapes douloureuses de sa vie. Elles vivaient cela dans une profonde confiance dans la Providence de Dieu, sans cesse à l’œuvre dans le monde.

J’appréciais aussi beaucoup qu’elles soient naturelles. Elles ne cherchaient pas à camoufler leurs défauts et leurs limites ; la sainteté, vécue en suivant le Christ, semblait les attirer plus que la perfection.

J’ai donc découvert le charisme auxi – en particulier la spiritualité ignatienne – non dans les livres, mais à travers des personnes très concrètes !

Fondé sur la communion des saints et la certitude que l’amour est plus fort que la mort, ce charisme correspondait exactement à l’intuition qui m’habitait et que je n’aurais jamais pu formuler aussi clairement.

Après un temps de réflexion et de discernement, j’ai donc fait ma demande d’entrée dans la congrégation. J’ai parfois traversé des moments difficiles, mais n’ai jamais regretté mon choix.