Regard sur 50 ans de vie religieuse

M-Thérèse_Cté

Le 27 juin 1976 Marie-Thérèse s’est engagée devant témoins : elle a exprimé le désir de vivre avec d’autres à la suite du Christ, sur les pas de Marie de la Providence, fondatrice des sœurs auxiliatrices. La célébration de ce jubilé d’or est l’occasion de porter un regard sur ces 50 années.

« Bénis le Seigneur, n’oublie aucun de ses bienfaits ! » L’un des bienfaits marquants de ma vie auxiliatrice est d’avoir été envoyée en mission en Afrique : le Rwanda comme le Tchad m’ont offert des conditions privilégiées qui ont favorisé ma foi et ma vocation. La sobriété de vie, la place de la vie communautaire, l’ampleur de la mission m’ont particulièrement bien convenu. Chaque situation nouvelle et inconnue m’a tournée spontanément vers le Seigneur et les missions surprenantes, comme le fait d’être nommée responsable d’une maternité avant d’avoir réalisé un accouchement ou de me retrouver économe générale sans formation après 25 ans de brousse, m’ont rendu concrète la Providence dans ma vie.

Marie-Thérèse est infirmière. Au Rwanda, elle est sage-femme et responsable d’une maternité.

Saint Jean dit dans une lettre « nous avons reconnu l’amour et nous y avons cru ». C’est cette foi en cet amour reconnu qui m’a donné la force pour vivre ce que j’ai rencontré dans ma vie. Pendant 25 ans au Tchad, je n’ai pas eu d’accompagnement sur place mais j’ai reçu pendant la retraite de 30 jours de mon noviciat une promesse dans le psaume 32 que le Seigneur a toujours tenue : « Je t’instruirai, je t’apprendrai la route à suivre, le regard sur toi, je serai ton conseil ». Dans l’évangile de Matthieu, Jésus dit : « Elle a fait tout ce qui était en son pouvoir ». Il me semble que Jésus a dû parfois dire cela de moi : « Elle a fait tout ce qui était en son pouvoir » avec ce qu’elle est, et ce qu’elle a.

Au Tchad, Marie-Thérèse tisse des liens avec voisins et paroissiens.

Pour vivre la vie communautaire comme la mission, je me suis souvent référée à cette parole du livre de la Genèse : « Chacun porte des fruits selon son espèce ». J’ai peu de formation mais le Seigneur m’a donné la capacité de beaucoup apprendre sur le terrain, et d’utiliser au mieux le bon sens reçu, dans un vécu ordinaire, afin de remplir les différentes missions qui m’ont été confiées, sans me comparer à ce que d’autres ont vécu, avant moi, avec leurs propres dons.

Avec le recul, je reconnais avoir trop souvent recherché, par tempérament, l’efficacité au détriment de la relation ou du respect du rythme différent de l’autre, aussi je rends grâce pour la nouvelle période de ma vie qui s’ouvre avec mon retour en France depuis 2 ans : me voici ouverte et disponible pour aider à tout bien quel qu’il soit et à favoriser la relation, l’attention à l’autre, l’écoute plus que l’efficacité, entre autres, à travers ce que je vis en contemplant régulièrement la vie de nos sœurs âgées à Versailles – cela m’offre un temps pour méditer sur ce chemin de faiblesse, de souffrance, et d’abandon qui rejoint ce que Jésus a choisi comme chemin vers la victoire de la Vie.